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Bitcoin entre le Droit et la Force

Maître Hubert de Vauplane, est avocat associé du cabinet KRAMER LEVIN NAFTALIS & FRANKEL. Il est aussi professeur associé à Paris II (Assas) et ancien responsable de la conformité du groupe CA. Il s’intéresse depuis longtemps au bitcoin, que ce soit sur son blog (sur Alternatives Économiques ) ou dans la revue Banque, et participe à de nombreux événements.

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Nouveau méfait ?

Après Evacuation Squad et la Ponzi chinoise, pourquoi pas la fusée nord-coréenne ?

J’offre une bière au Sof’s Bar (financée en bitcoin par la généreuse prime que m’a versée ce site !) au premier qui me trouve avant vendredi 18 heures (local time) une coupure de presse en langue française mettant en cause le bitcoin dans le financement du tir, ce matin, d’une fusée longue porte par la République Populaire Démocratique de Corée (lire dans Le Monde).  Je souhaiterais que ma proposition soit largement relayée, notamment auprès de la presse mainstream !

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Souverainement

La presse de ce jour  (le Monde, Rue 89, etc) a annoncé l’enterrement du projet de Cloud souverain à la française. C’est certainement un sujet compliqué, un dossier énorme…. mais chacun sent bien qu’il y a un problème français, et que ce problème a quelque chose à voir avec le mode d’intervention de l’État, sans que soit pour autant évidente la nature du défaut : caractère suranné du colbertisme ? frontières par trop poreuses entre la haute administration et la direction des « champions nationaux » ? réticences culturelles face à de réelles remises en cause des structures ? Continuer la lecture

Intelligence ?

Ce mot, on le sait, n’a pas le même sens en français et en anglais.

La crispation des autorités contre la cryptographie suggère soit qu’elles pensent en anglais, soit qu’elles se méfient des gens intelligents autant que des poseurs de bombe.

Il me semble que le danger vient directement et matériellement des seconds. C’est ce que démontre un article très intéressant qui a été publié sur le site du Monde. Il rappelle que « Le terrorisme ne se nourrit pas de la technologie, mais de la colère et de l’ignorance » Sa lecture fournit un argumentaire qui va s’avérer bien utile dans les semaines à venir.

Vendredi, j’assistais au séminaire de crypto de la rue d’Ulm. En regardant ces jeunes gens brillants, j’ai soudain pensé à Turing.

Alan Turing était différent et il était génial. Il n’aimait sans doute ni la guerre, ni les militaires, ni les rodomontades de politiciens. Et comme il ne répondait pas aux standards du conformisme de l’époque, il fut persécuté, alors même que sans lui, la guerre eût peut-être connu un tour différent.

sous marin

Si jamais une guerre doit être faite, nos pays auront besoin de matheux, de cryptologues, de développeurs. Même aussi incompréhensibles que ceux de la rue d’Ulm, même aussi différents de nos fonctionnaires que ne le sont les développeurs que l’on rencontre dans les meet-up. Même s’ils dérangent les autorités comme Turing naguère, même si certains sont anarchistes, même si certains sont zadistes, même si presque tous violent la loi hadopi. Même s’ils  fument des pétards. Même s’ils vivaient en trouple, et même chose plus scandaleuse encore s’ils préféraient le bitcoin à l’euro… la liberté aura plus besoin d’eux que de politiciens hargneux parce que faibles, maniaques du contrôle social par ce qu’ils ont renoncé à notre souveraineté, soupçonneux envers les gens intelligents parce qu’ils sont d’une banalité terrifiante.

L’État islamique et la cryptographie

A côté du bitcoin, censé aider et financer les poseurs de bombes, la cryptographie fait partie des cibles des pouvoirs publics, dont les diatribes de plus en plus martiales sont souvent trop complaisamment relayées par une presse facilement embrigadée.

On lira donc avec intérêt cet article qui explique comment l’État islamique sécurise ses communications et la pièce annexe qui se présente comme la traduction en anglais du manuel des terroristes.

Ce qui me paraît intéressant ce sont beaucoup moins les conseils, classiques (voire de simple bon sens en ce qui concerne la recherche du secret) que la ressemblance avec les conseils déjà donnés aux journalistes d’investigation et aux lanceurs d’alerte.

Si tous les moyens d’anonymat sont interdits voire simplement munis de porte d’entrée, il faut donc savoir (et surtout faire savoir!) que ce sont les enquêtes indépendantes dans la presse et les alertes éthiques dans les ministères et les entreprises qui seront supprimées.  Quand on sait que la presse appartient déjà pour une large part à des milliardaires pour la plupart impliqués dans la vente d’arme et donc dans des relations « secrètes » par nature, on comprend que l’enjeu de la confidentialité des communications, qui est présenté comme purement « sécuritaire », est bel et bien un enjeu politique.

Communiqué de presse du « Cercle du Coin »

La nouvelle association entend ne pas laisser aux institutions financières traditionnelles et aux autorités de régulation le monopole du discours sur le bitcoin. Pour cela, dans un contexte difficile, elle veut unir les initiatives et les promouvoir, coordonner et fonctionner en relais avec les divers sites internet, les multiples meet-up, les repas amicaux où se réunissent spécialistes et curieux du bitcoin. Continuer la lecture

Répondre

Un ancien directeur de la Banque de France, Michel Castel, a publié sur son blog un invraisemblable billet qui, à l’examen, avait d’abord été écrit comme une réaction épidermique en marge d’un article de La Tribune. On a envie de dire que « ça se sentait ». Enhardi, il l’a aussi publié sur le Cercle des Echos. Plusieurs personnes que je connais ont réagi diversement, ici ou ailleurs. Continuer la lecture

L’euro s’effondre ?

Panique cette semaine sur les marchés. L’euro qui avait plongé de plus de 25% en trois semaines a accéléré sa dégringolade durant les derniers jours, le recul sur un mois dépassant hier les 50% au plus fort de la panique. Continuer la lecture

Les Dupond Dupont

Après fliquer-filer, il semble que copier-coller soit une nouvelle méthode d’investigation. Europol a sorti fin septembre son nouveau rapport Internet Organised Crime Threat Assessment (IOCTA) et le bitcoin y est de nouveau à l’honneur, avec 38 citations en 76 pages.

On trouvera ici le texte complet du rapport 2015 (qui semble n’exister qu’en langue anglaise, au mépris des règles européennes).

Ce qui frappe le plus, c’est le caractère très général de certaines assertions : Bitcoin is establishing itself as a single common currency for cybercriminals within the EU. Bitcoin is no longer used preferentially within Darknet marketplaces but is increasingly being adopted for other types of cybercrime as well.

Si l’on ne peut que se féliciter du désir d’apprendre et de comprendre (Law enforcement must continue and expand successful initiatives to share knowledge, expertise and best practice on dealing with Bitcoin), si l’on peut sourire d’un vocabulaire comiquement technique (le self-generated indecent material désignant si j’ose tout comprendre la sextape hackée devenu objet de chantage), on ne contestera en rien le bien-fondé de la lutte contre le trafic d’images criminelles ou contre le rançonnement.

L’essentiel du rapport est cependant composé de re-sucée. On pense que bitcoin peut servir à payer des saletés. Note en bas de page 30, renvoi à un rapport daté de mai 2014, émis par l’ICMEC (International Centre for Missing & Exploited Children) lequel cite une page sur deux le FBI (raison de plus, me direz-vous, de rester en langue anglaise) lequel FBI croit savoir que les flics israéliens ont observé en 2013 a drug distribution ring believed to be operating in Bitcoins (cette perle se trouve en page 12 du rapport d el’ICMEC).

Peut-on reprocher aux condors de n’avoir pas vu venir l’affaire Ashley Madisson qui a éclaté au moment où le rapport devait être bouclé ? Non, mais l’existence de big data conçues comme à dessein de servir de matériel de chantage potentiel, l’existence de back doors systématiquement demandées par les États et employés par les hackers (quand ce n’est pas le contraire, voir une étrange affaire dans le pays de Vaud), tout cela devrait permettre de réfléchir avant, plutôt que de recopier après.

Or, non, on en remet : Legislators and policy makers, together with industry and academia, must implement a workable solution to the issue of encryption which allows legitimate users to protect their privacy and property without severely compromising government and law enforcement’s ability to investigate criminal or national security threats.

Revenons aux choses sérieuses: les chiffres. il y en a bien peu. Le crime se servirait du bitcoin (combien ?) mais aussi de Paypal (ah oui ?) et même du cash (oh non? ) voire de virements bancaires ( aïe). Nous voilà renseignés.

En novembre 2014, une opération impliquant 21 polices nationales (Onymous) a permis la saisie de bitcoins worth EUR 900 000 and EUR 180 000 in cash, drugs, gold and silver.

Ah ben chapeau(x) les Dupont.  Quelques chiffres : le CA de la drogue est de l’ordre de 250 milliards, la capitalisation du bitcoin de 3, 5 milliards (de quoi ? Ah de dollars Monsieur ! comme dit Lino dans l’Aventure, c’est l’aventure).  Même en ne les faisant servir qu’à la chnouf, on est court. Et il reste la rançon au self-generated indecent material.

L’enquête continue. On attend le rapport 2016.

l'enquete continue

Pour représenter Bitcoin au-delà de sa fonction monétaire

J’achève ici mon cycle de publications sur  l’identité du bitcoin.

Il ne sera jamais possible de représenter exactement Bitcoin. Gardons l’idée de métal si l’on veut puisqu’il est métaphoriquement miné. Cependant Bitcoin ne sort pas de la terre ocre pour luire sous le soleil. Il est l’œuvre de la puissance de calcul d’une communauté de mineurs consciente d’elle-même. Il est surtout la manifestation de la volonté de s’affirmer d’une communauté bien plus vaste que celle des mineurs.

Si c’est un métal, sa couleur orange, déjà largement évoquée ici, mêle l’éclat de l’or au rouge de la vie, la réflexion sur la nature de la monnaie à celle sur la nature des échanges.

Il y a, après tout, des métaux de toutes sortes : le mercure est liquide, le sodium est mou,  l’uranium est radioactif. D’autres métaux sont si  lourds qu’ils n’existent même pas dans l’état de nature…

On peut donc se représenter mentalement le précieux métal orange, notre bitcoin, comme un métal mental, dont le pôle magnétique est dans le ciel de Platon, comme sur la fresque de Raphaël et que l’on ne touche pas de la main.

Ce n’est toujours pas facile à représenter…

Il faut donc appeler les artistes à la rescousse. Explorer d’autres concepts, d’autres intuitions. Élargir le champ, bien au delà de la monnaie.

Je crois que l’on n’en est qu’au début ; pour l’instant (tapez bitcoin art sur Google…) on ne trouve pas grand-chose (voir cependant ça, et une ou deux idées ici et ).

Pour moi, il y a déjà deux représentations qui me plaisent particulièrement, toutes deux trouvées sur Internet (même si j’ai un peu modifié la seconde).

Une première représentation est faite de lumière et d’accueil. Du rond métallique trop plein il ne reste rien. De la réalité matérielle (brick and mortar!) on n’a pas fait table rase, mais elle reste à l’arrière-plan. Enfin deux mots, presque triviaux,  Accepted  here rappellent la dimension libre et non contrainte de la monnaie, sa dimension communautaire.

btc accepted

 

Une seconde représentation mêle la face sombre du pseudonyme et la nature immatérielle d’un objet dessiné (comme on construit en béton certaines hyperboloïdes pourtant fort complexes) par la juxtaposition de simples traits rectilignes, qui représentent ici les transactions.

bitcoin-art orange

Bitcoin, comme communauté encore peu visible, mais que chaque échange, en somme, dessine un peu plus précisément …