Métaphore du trésor perdu ou l’argument contre le gel des bitcoins de Satoshi

0
29

Cet article a pour but de traiter la question d’un éventuel « freeze » (gel ou blocage) des bitcoins de Satoshi Nakamoto à travers une métaphore.

L’histoire du trésor perdu

Il était une fois un roi qui accumulait un immense trésor. Il voulut déplacer ce trésor d’un continent à l’autre et, pour cela, le chargea dans un bateau. Malheureusement, durant le transport, une immense tempête éclata et le bateau fut englouti avec le trésor. Pendant des siècles, le trésor resta dans l’épave du bateau, au fond des mers.

Puis, le progrès technique avançant, un groupe d’entrepreneurs mit au point des scaphandres afin de pouvoir rester longtemps sous l’eau et explorer les récifs sous-marins. C’est alors que ce groupe d’entrepreneurs découvrit le trésor englouti.

Mais, au même moment, un groupe de sorciers omniscients apprit la nouvelle et, estimant que c’était de la triche d’utiliser la science et la technique pour s’accaparer le trésor, jeta un sort sur celui-ci, lequel disparut aussitôt dans le néant afin que personne ne puisse jamais s’en emparer.

Fin de l’histoire.

Pourquoi ne pas geler les bitcoins de Satoshi Nakamoto

Bon, cette métaphore à base de vieux trésor englouti et des scaphandres pour faire une analogie avec de vieilles données chiffrées décryptées grâce à une nouvelle technologie (nouvel algorithme ou ordinateur quantique) n’est pas nouvelle. Sur la page de couverture de son ouvrage Serious Cryptography, Second Edition, Jean-Philippe Aumasson y fait référence.

En supposant que Bitcoin simule un « or numérique » (quantité limitée, besoin d’énergie pour en extraire…), n’est-il pas « contre nature » d’empêcher l’utilisation de certains de ces jetons ? Après tout, si un groupe de scaphandriers trouve des pièces d’or sous l’eau, rien ne les empêche de les revendre. On n’a jamais entendu dire : « Le trésor d’un tel a été retrouvé, mais ceux qui l’ont retrouvé ne doivent pas pouvoir l’utiliser. »

A contrario, on pourrait rétorquer que, d’un point de vue informatique, on peut faire ce que l’on veut en changeant les règles de la « simulation ». Mais c’est oublier que cela ferait jurisprudence et qu’une fois que l’on a commencé à censurer des bitcoins, on ouvre la voie à d’autres formes de censure.

Qui plus est, les bitcoins de Satoshi constituent une incitation à développer l’ordinateur quantique le plus vite possible, c’est-à-dire à développer un outil de calcul ayant plusieurs champs d’application (physique, chimie, pharmacie…). Après tout, les Bitcoiners sont bien placés pour savoir qu’il est normal de s’enrichir grâce à une innovation technologique.

Conclusion

Doit-on geler les bitcoins de Satoshi ? Telle est la question. Le parti pris de cet article est de dire que non : on ne doit pas geler les bitcoins de Satoshi.

D’une part, c’est contre nature. Si l’on fait une analogie avec l’or dans le monde physique, alors cela devient absurde.

D’autre part, cela établirait une jurisprudence de censure et, dans ce cas, qu’est-ce qui nous assure que la censure ne deviendra pas la norme dans Bitcoin ?

Enfin, cela va à l’encontre de l’incitation à innover, ce qui est peut-être, au fond, le plus grave, car cela revient à adopter une position « d’installé » technophobe, ce qui constitue le comble de l’ironie pour un Bitcoiner.