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Le scepticisme d’Attali

Jacques Attali aurait dû faire l’ouverture de la conférence Eurobitoin récemment ajournée. Dans un entretien pour FUTUREMAG, il affiche cependant un certain scepticisme à l’égard de Bitcoin dont il ne semble pas avoir compris la spécificité et auquel il préfère les systèmes centralisés et privatifs que de grandes multinationales ne manqueront pas de mettre en place.


Commentaires de Marco :

Sa vision n’est pas très optimiste sur l’avenir de Bitcoin.

Je pense pour ma part qu’il est peu probable que Bitcoin se fasse cannibaliser par une autre monnaie numérique. Il faudrait faire mieux… or Bitcoin n’a jamais été qu’imité sans que l’original ne soit dépassé.

L’interdiction d’échanges en dehors de la monnaie du pays, comme en Russie, l’instauration d’une monnaie numérique en Equateur en bannissant Bitcoin, font tout de même assez peur pour la suite non ?

« Apporter de la convertibilité », c’est donc réguler et ça je ne veux pas. Etre libre c’est être bien où l’on est et avoir le choix de rester dans la monnaie que l’on veut, Bitcoin, Litecoin Dogecoin, etc. (ça me fait penser à un forfait sans engagement, on est libre de partir quand on veut, et on y reste parce que justement on peut partir!)

M’imposer un Euro plus fort ensemble, bizarrement je n’ai plus beaucoup d’Euros…


Commentaires d’Edou (mitc.fr) :

« L’originalité dans laquelle s’inscrit le Bitcoin, (…) monnaie qui n’est pas fondée sur un état. »

Certes Bitcoin n’est pas fondé sur un état, mais ce n’est absolument pas ce qui fait son originalité.

Les premières autres monnaies non fondées par des états (monnaies d’entreprise) nécessitent toutes un tiers de confiance (ex : l’entreprise émettrice) afin qu’elles soient acceptées par un client, un magasin ou une autre entreprise.

L’exemple donné par M. Attali des miles comme monnaie virtuelle basée sur la confiance que l’on met dans une entreprise internationale n’est pas comparable à Bitcoin.

Ces monnaies d’entreprise, totalement opaques, dont la valeur, la validité et le nombre sont fixés par l’entreprise, indexent de facto la confiance accordée à ces mêmes monnaies sur la solvabilité et éventuellement la valorisation boursière de ces entreprises.

La confiance accordée par les connaisseurs aux bitcoins utilisés comme monnaie est basée sur l’ouverture, la robustesse et les multiples possibilités offertes par son protocole éponyme.

À mon sens, les fluctuations du court des bitcoins sont surtout liées à de la spéculation plus ou moins réfléchie ; un mécanisme que l’on retrouve sur les places de marchés conventionnelles mais amplifié ici par la faible capitalisation naissante sur cette technologie. Beaucoup d’entreprises multinationales capitalisent plus que la valorisation actuelle du réseau Bitcoin entier.

Mais le potentiel capitalistique du protocole est lui bien plus élevé que celui de n’importe quelle entreprise (un peu comme internet à ses débuts).


« (…) le bitcoin n’a de la valeur que si l’on sait qui est derrière. »

Erreur, M. Attali ! Un bitcoin même reçu anonymement garde ses propriétés et est échangeable sur le réseau à l’international et permet bel et bien d’acheter partout dans le monde, là où il est accepté, voire convertible en monnaie fiat locale. Chose que l’on ne peut effectivement pas faire avec n’importe quel bon d’achat.


« (…) tant que l’on n’a pas la convertibilité de la monnaie virtuelle en quelque chose ou tant que la monnaie virtuelle ne permet pas d’acheter des choses réelles, c’est un leurre »

Avec les miles Air France-KLM, vous pouvez les échanger contre des cadeaux ou voyager sur les lignes d’Air France (quand les pilotes ne font pas grève…) et c’est à peu près tout. Vous n’irez pas faire vos courses en miles. Avec des bitcoins, vous pouvez directement louer un jet privé mais aussi payer tous vos achats avec des services de paiement international. Par conséquent, ne serait-ce pas plutôt ces mêmes groupes multinationaux qui chercheraient à nous leurrer ?


« Il me semble que les mieux placés pour créer des bitcoins durables sont les grandes plateformes de commerce (…) »

Dans un monde uniquement commercial où vous êtes l’initiateur voire l’innovateur, peut-être.

Dans le monde du commerce électronique, l’interopérabilité est primordiale puis viennent les coûts d’utilisation, intrinsèquement liés au coût de maintenance du service ainsi que d’éventuelles marges commerciales sur une technologie propriétaire. Mais voilà, la technologie existe déjà et est fonctionnelle. D’autres technologies ouvertes (voire libres) plus puissantes encore existent ou arrivent. Les grandes plateformes de commerce devront faire avec les standards et eBay l’a bien compris en intégrant l’interopérabilité entre Bitcoin et PayPal.

Je ne pense pas que l’on puisse dire que Bitcoin soit une monnaie étrangère, mais plutôt que c’est une monnaie internationale qui n’a pas de court légal, la monnaie du « nomadisme » par excellence.

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