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Grexit : quelles conséquences pour Bitcoin ?

grexit.jpgLa sortie prochaine de la Grèce de la zone euro n’est pas une fatalité et il est possible, quoi qu’en dise la directrice du FMI [1], qu’un nouveau délai soit accordé in extremis au gouvernement Grec tant les conséquences d’un défaut de paiement sur l’équilibre financier mondial sont imprévisibles.

Le ministre de finances Yanis Varoufakis, l’affirme, la Grèce ne veut pas sortir de l’euro et il n’y a pas de plan B : « Je n’ai pas un mandat pour rendre plus pauvres encore un million ou deux de Grecs supplémentaires – pour faire une expérience sociale – alors que nous avons déjà quatre millions de citoyens qui vivent sous le seuil de pauvreté, juste pour voir à quelle vitesse nous nous remonterons la pente plus tard […]. Imaginez que la Grande Bretagne annonce un an à l’avance qu’elle compte dévaluer la livre. Destruction complète. Tout le monde vendrait et tous les capitaux quitteraient le pays. Il ne resterait rien, le pays retournerait à l’âge paléolithique. Alors je ne suis pas prêt à faire l’expérience d’une sortie de l’euro. Je pense que nous devons plutôt régler le problème de l’euro » (Source : les-crises.fr).

Néanmoins le scénario de la sortie de la Grèce reste envisageable et s’il se produit au final, les conséquences pour Bitcoin pourraient être importantes.

On le sait depuis longtemps, le cours est essentiellement tenu par le marché chinois mais la liquidité modeste du bitcoin (relativement aux monnaies souveraines) le rend particulièrement sensible à tout pic de demande, d’où qu’il vienne. C’est ce qu’on a pu constater lors de la crise financière chypriote de 2013, quand les épargnants ont fuit la menace d’une taxe exceptionnelle sur les dépôts bancaires (même si, à ce moment-là, cette crise n’était sans doute pas la seule cause de la montée du cours).

Quoi qu’il en soit la Grèce est presque dix fois plus peuplée que Chypre et le défaut de paiement pourrait provoquer une panique bancaire contagieuse. La fuite de capitaux a d’ailleurs déjà commencé en Grèce. Pour la seule journée du lundi 15 juin, ce sont 400 millions d’euros qui auraient quitté le pays (source : boursier.com). Si le défaut de paiement est acté, l’hémorragie ne pourra être stoppée que par la mise en place d’un contrôle strict des capitaux, par exemple des plafonds pour les retraits et virements à l’étranger. Nul doute qu’un tel contexte profiterait à Bitcoin.

Pour autant, si certains particuliers pourraient alors être tentés de placer leurs économies en bitcoins, en aucun cas le gouvernement Grec n’adoptera une telle monnaie de substitution [2]. Tout d’abord parce que l’Etat Grec ne possède pas de bitcoins, ensuite parce que la philosophie déflationniste de Bitcoin n’est pas du tout en phase avec celle de SYRIZA et enfin parce que, tant qu’à imposer une crypto-monnaie au pays, autant en fabriquer une afin de pouvoir la pré-miner pour emplir les caisses de l’Etat [3]… une solution beaucoup plus rapide et moins chère que d’imprimer des drachmes. Mais entre le retour à l’une des plus anciennes monnaies d’Europe et le saut technologique d’un « digidrachme », peu probable que les grecs soient prêt à choisir la seconde solution.


– [1] Christine Lagarde, directrice générale du FMI, a déclaré aujourd’hui qu’Athènes ne bénéficierait d’aucun délai de grâce.

– [2] Certes, Yánis Varoufákis, ministre des finances de la Grèce, a déclaré un jour : « La Grèce adoptera le bitcoin si l’Eurogroupe n’accepte pas notre accord »… mais c’était le 1er avril !

[3] Le ministre des finances de la Grèce s’intéresse d’ailleurs de près aux crypto-monnaies puisque l’année dernière encore il imaginait l’existence d’un FTCoin (Future Tax Coin). A découvrir sur ce point le blog de Yánis Varoufákis et ce reportage de la RTS :

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