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Blockchain : la fin des intermédiaires ?

Traduction d’un article de Murad Hemmadi intitulé « La technologie Blockchain sonne la fin des intermédiaires » et publié le 13 mai 2015 sur canadianbusiness.com.

La technologie derrière bitcoin pourrait perturber chaque transaction, des transferts d’argent à l’immobilier, en court-circuitant les tierces parties.

Dans les années 1990, Austin Hill a contribué à construire l’un des plus grand fournisseur de services Internet du Canada : Total.Net. Aujourd’hui, Hill est le PDG et co-fondateur de Blockstream, une entreprise basée à Montréal. Il travaille sur une technologie qui pourrait changer le monde des affaires, tout autant qu’Internet l’a fait.

Ça s’appelle la blockchain, la technologie sous-jacente à la crypto-monnaie Bitcoin. La blockchain est essentiellement un livre de transaction, tout comme les systèmes de registres des employés par des établissements financiers classiques, comme les banques. Les grands livres traditionnels appartiennent et sont maintenus par une institution, et leur accès est limité pour empêcher toute manipulation criminelle. La blockchain, en revanche, est hébergée sur un réseau d’ordinateurs, qui vérifie chaque nouvelle transaction Bitcoin toutes les dix minutes, puis ajoute un « bloc » de ces opérations à la chaîne d’opérations qui l’a précédé. Pour Austin Hill le résultat est une « immuable comptabilité cryptographique qui est ouverte, accessible à toute personne et peut être partagée par tout le monde ».

Le potentiel de la technologie Blockchain, qui va au-delà de Bitcoin, est immense : elle pourrait remplacer le marché de plusieurs milliards de dollars dans les services de vérification par une tierce partie qui soutient l’économie mondiale moderne. Les services et institutions qui agissent comme intermédiaires pour faciliter et vérifier les transactions financières, les échanges de contrats, les enregistrements et les transferts d’actifs pourraient tous être perturbés par des blockchains qui proposent une façon plus sûre, plus rapide et moins chère de faire des affaires. Les investisseurs sont clairement enthousiasmés par le potentiel du secteur : les startups liées à Bitcoin et à la blockchain ont attiré plus d’un demi-milliard de dollars de financement l’an dernier. En novembre, Blockstream a levé 21 millions de dollars auprès d’investisseurs, dont le Président exécutif de LinkedIn Reid Hoffman.

Blockstream cherche à appliquer la technologie à une gamme d’activités, tels que les transferts de fonds internationaux. En général, les entreprises paient une taxe de 5 % à 15 % par transaction et doivent attendre trois à cinq jours. Avec une blockchain, cela pourrait être réduit à moins d’un dollar pour une durée de vérification de dix minutes — le temps qu’il faut pour ajouter le prochain bloc de transactions. Align Commerce, une startup basée à San Francisco, facilite déjà les transactions d’entreprise à entreprise au-delà des frontières et des monnaies locales à l’aide de la blockchain Bitcoin. Les entreprises canadiennes peuvent actuellement recevoir des paiements via le service, mais pas les envoyer.

Un autre secteur mature pour la révolution blockchain est la vérification et le stockage de données. « Une entreprise c’est essentiellement une grosse pile de dossiers, » dit Peter Kirby, Président de Factom (entreprise située à Austin au Texas et s’intéressant à la technologie blockchain). « Chacun de ces dossiers est véritablement précieux que dans la mesure où il est inviolable. » Factom crée des données sécurisées en apposant des « empreintes digitales, » ces jetons prouvent l’existence d’informations sans en révéler l’information elle-même, sur la blockchain. Une fois ajouté, ils ne peuvent pas être modifiés ou supprimés, assurant un enregistrement permanent d’un élément particulier d’information existant dans une certaine forme à un certain moment.

Un client que Factom tente d’attendir est le gouvernement d’un pays d’Amérique centrale. « Ils ont construit une gigantesque base de données et numérisé tous les enregistrements de titres immobiliers, » explique Kirby. « Dès que les bureaucrates y avaient accès, ils ont commencé à se donner des propriétés en bord de mer. » En ajoutant tous les enregistrements de titres immobiliers à la blockchain, Factom pourrait créer une trace permanente de chaque modification apportée, grâce à l’historique consultable du document. Les propriétaires fonciers pourraient ensuite prouver que les titres étaient en leur nom propre — et non celui d’un bureaucrate corrompu — quand il a été ajouté à la base de données.

Bâtir ce genre de scénario rendrait plus rapide et plus facile les procédures de conformité et d’audits, comme quand une entreprise d’un autre pays examine les états financiers avant d’acheter. Avec des dossiers sur blockchain, les sociétés peuvent facilement établir l’ordre de possession pour un document donné, empêchant de mauvaises surprises (comme la modification frauduleuse ou accidentelle des dossiers) qui peut accompagner les transactions.

Les entreprises vont se méfier de l’utilisation d’une nouvelle technologie dont elles n’ont pas de contrôle direct. Mais certains avancent des violations de données de grande envergure, comme ceux qui ont eu lieu chez Target et Home Depot, montrent que les données décentralisées sont plus sûres. « Nous ne voulons pas d’une seule base de données qui relie des millions d’informations de personnes, » dit Anthony Di Iorio, co-fondateur d’Ethereum, qui travaille également sur la technologie blockchain. « C’est juste une catastrophe à retardement ».

Aussi prometteur que ces applications peuvent paraître, la technologie blockchain est encore à ses balbutiements. Pour paraphraser Bill Gates, voilà ce qu’on pourrait dire de la blockchain : « à court terme, nous avons tendance à surestimer ce que quelque chose va devenir, mais à long terme nous sous-estimons considérablement la portée des changements. »

 

Source : canadianbusiness.com

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