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Bitcoin : quelles perspectives pour 2017 ?

Après un halving qui a tenu ses promesses [1], 2016 s’achève en fanfare avec un bitcoin devenu l’actif financier le plus performant de l’année, toutes catégories confondues [2]. Seul vrai vainqueur de la guerre des monnaies, il s’impose progressivement non plus seulement comme un outil spéculatif mais comme un possible actif de réserve. Sa volatilité, qui reste importante, ne cesse en effet de décroître et certains chercheurs estiment qu’elle pourrait rejoindre celle de certaines monnaies fiduciaires avant 2020.

Pourtant, Bitcoin est plus que jamais en crise d’identité.

Après huit ans d’existence il n’est devenu ni la monnaie d’Internet, ni l’Internet de la monnaie. Par son architecture actuelle et ses limitations – qui font aussi sa force et sa résilience – il ne peut aujourd’hui prétendre à d’autres ambitions que celles de devenir un réseau de « macro-transactions » et d’offrir une alternative numérique à l’or dans sa fonction de stockage de valeur. Ce serait déjà énorme, me dira-t-on, mais pour que les choses se déroulent ainsi encore faudrait-il que Bitcoin puisse conserver son leadership sur la durée.

Certes, avec la puissance de calcul de son réseau, sa capitalisation boursière, l’étendue de son écosystème, le nombre de cerveaux qui se consacrent à son développement et les moyens consacrés à ses applications, Bitcoin n’a, à l’heure actuelle, aucun concurrent sérieux dans sa fonction de monnaie numérique de pair à pair.

Pourtant est-il totalement inconcevable qu’une autre monnaie du genre puisse un jour prendre l’avantage la question de la « scalabilité » en intégrant par exemple les innovations [3] dont les bitcoiners n’auraient pas voulu ? Le Leadership de Bitcoin, même en tant qu’actif de réserve, tiendrait-il longtemps face à une autre monnaie numérique tout aussi décentralisée, mais qui permettrait en outre des validations quasi-instantanées, des micro-paiements jusqu’au centime et des millions de transactions chaque seconde, le tout pour des frais dérisoires et avec une parfaite fongibilité ?

Évidemment tout cela relève aujourd’hui de la science-fiction et il faudrait probablement pas mal de temps pour qu’un tel scénario se réalise. Pourtant c’est en 2017 que certains choix se font. Si Segwit, qui peine à décoller, n’est pas adopté à 95 % d’ici novembre, la communauté des mineurs, figée dans son apathie béate face la montée du cours, aura beaucoup de mal à faire désormais d’autres choix [4] que celui du conservatisme le plus rigoureux.

On peut le comprendre, pourquoi vouloir changer quelque chose qui fonctionne ? Et puis c’est une option qui a des arguments : Bitcoin c’est comme la Suisse, on y place son argent parce que le code / la réglementation est stable, sans compter qu’on verra peut-être un jour apparaitre des options externes qui permettront au bitcoin de conserver sa place sur le long terme : des sidechains à profusion pour les micro-transactions, ou encore un réseau de canaux de paiement qui évacue le problème de la malléabilité par l’utilisation de matériel spécialisé… autant de solutions que mon incompétence crasse ne me permet pas de juger.

Je m’en rapporte donc aux experts qui, sans être totalement unanimes il faut bien l’avouer, considèrent dans leur grande majorité que Segwit, qui propose d’ailleurs non pas de changer les règles mais de les contourner, reste l’option la plus aboutie, la rapide et la plus prudente.

Quel que soit le choix ou le non choix qui sera effectué, nous vous souhaitons une excellente année 2017 !


[1] Entre le 1er janvier et le 31 décembre 2016 le cours du bitcoin a progressé de 131 %. 

[2] Devises, indices d’actions et obligataires, or, matières premières… [source : boursier.com]

[3] Segwit, Lightning

[4] Si une solution « soft » reconnue par beaucoup (pas tous) comme utile pour Bitcoin ne parvient pas à convaincre, on voit mal comment une solution peu consensuelle basée sur un « hard fork » pourrait être adoptée. En pratique un « hard fork » n’est envisageable que lorsqu’un danger imminent pèse sur le protocole. Si la chaine qui n’évolue pas ne peut pas survivre, aucun risque de schisme.

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