Longtemps considéré comme un actif marginal, le Bitcoin a progressivement trouvé sa place dans les finances publiques de plusieurs pays. Si certains États détiennent directement des bitcoins, d’autres y sont désormais exposés de manière indirecte via leurs investissements dans des entreprises fortement liées au BTC.
Le cas le plus connu est celui du Salvador, qui accumule officiellement du Bitcoin depuis 2021 dans le cadre d’une stratégie nationale. Le Bhoutan suit une voie différente mais tout aussi remarquable : grâce à des opérations de minage menées par son fonds souverain, le royaume himalayen a constitué l’une des plus importantes réserves publiques de bitcoins au monde.
D’autres pays possèdent des quantités encore plus importantes de Bitcoin, mais sans avoir choisi de les acquérir. Les États-Unis, la Chine et le Royaume-Uni détiennent ainsi des milliers de bitcoins issus principalement de saisies judiciaires réalisées dans le cadre d’enquêtes criminelles. La France, quant à elle, préfère vendre les BTC issus de saisie.
Parallèlement, une nouvelle forme d’exposition apparaît. Certaines institutions publiques investissent dans des sociétés dont la valeur dépend fortement du Bitcoin. C’est notamment le cas de la Banque nationale suisse (BNS), qui, malgré l’échec récent de l’initiative populaire visant à intégrer du BTC dans son bilan, détient tout de même des actions de Strategy, l’entreprise de Michael Saylor devenue le plus grand détenteur institutionnel de bitcoins au monde.
Le fonds souverain norvégien, l’un des plus importants de la planète, est également exposé au Bitcoin par l’intermédiaire de participations dans Strategy, Coinbase, MARA Holdings et d’autres entreprises de l’écosystème crypto. Bien qu’il ne possède pas directement de bitcoins, son exposition économique à l’actif numérique est désormais significative.
Enfin, la Banque nationale tchèque explore une voie intermédiaire. Sous l’impulsion de son gouverneur Aleš Michl, elle a constitué un portefeuille expérimental comprenant du Bitcoin afin d’étudier les implications opérationnelles d’une éventuelle intégration dans ses réserves.
Cette évolution marque un changement profond. Alors qu’il y a quelques années seuls quelques investisseurs privés s’intéressaient au Bitcoin, celui-ci est désormais présent, directement ou indirectement, dans les bilans d’États, de banques centrales et de fonds souverains.




