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« Pourquoi Bitcoin est plus important que la blockchain »

Traduction d’un article de Brian Kelly, fondateur et CEO de BKCM LLC : « J’ai appartenu, pendant plus de deux décennies, au monde de la finance traditionnelle, celle de Jamie Dimon et Lloyd Blankfein. J’ai commencé ma carrière en tant que négociateur d’actions et j’ai ensuite passé la majeure partie de la bulle internet à faire de l’arbitrage de fusions […]. Après l’éclatement de la bulle et les affres de la récession, j’ai créé une société de courtage qui s’adressait aux fonds communs de placement et autres investisseurs institutionnels.

Mes clients étaient la vieille garde du monde financier. Nous avons fait de bonnes opérations, mais je n’ai pas trouvé ça très excitant. Puis j’ai commencé à négocier des ADR (American Depository Receipts) […]. Ces marchés étaient beaucoup plus stimulants que ceux des actions “blue chips” [1].

Après quelques années à jouer sur les marchés des changes, j’ai fait un saut vers la “global macro” [2]En tant que macro-investisseur global, je pouvais faire de gros paris sur les tendances macro-économiques des marchés financiers mondiaux. Je suis devenu très habile pour interpréter les messages cryptiques des banquiers centraux [et] placer des paris sur les marchés des devises. Pour un “nerd” des marchés financiers comme moi, c’était exaltant. Les interactions entre la politique de la banque centrale, la géopolitique et les marchés financiers constituaient un magnifique terrain de jeu.

Puis je suis tombé sur Bitcoin…

À vrai dire, j’ai douté au début… J’ai même déclaré publiquement que ça ne marcherait pas. Puis j‘ai timidement trempé mon orteil dans le bain. Je ne voulais pas vraiment que mes amis, ceux de la finance traditionnelle, me prennent pour un fou. Cependant, plus je faisais des recherches, plus je me rendais compte que j’avais eu tort de rejeter cette innovation de prime abord. Bitcoin changeait les règles du jeu et remettait en question tout ce que je savais sur les marchés financiers. J’ai fini par devenir accro, mais je ne pouvais toujours pas me résoudre à parler publiquement de Bitcoin.

[Puis la blockchain est arrivée] et comme il était très bien vu d’en parler, cela m’a permis de passer pour quelqu’un à la pointe du progrès. Cela m’a épargné en outre les regards suspicieux et les chuchotements feutrés qui suivent toute mention de Bitcoin. Quand je parlais de blockchain, mes amis et mes collègues m’écoutaient attentivement et me posaient des questions sur cette nouvelle et merveilleuse technologie. Mais si je mentionnais Bitcoin, s’interrogeant sur ma santé mentale, ils me prenaient à part et me demandaient comment je me sentais.

La blockchain m’a permis de me sentir bien, mais il me manquait quelque chose. Il y avait un je-ne-sais-quoi de creux dans cette blockchain sans Bitcoin. Je suis retourné en arrière et j’ai réexaminé mon parcours dans le but de découvrir à quel moment les choses ont mal tourné. Mon introspection s’est rapidement heurtée à un problème de clarté. Il n’y avait pas qu’une seule définition de Bitcoin. Définir Bitcoin comme une crypto-monnaie décentralisée, suscite au pire des réactions de colère et au mieux de l’étonnement. Bitcoin avait besoin d’un argumentaire – la phrase que chaque entrepreneur développe pour décrire son entreprise en prévision d’une rencontre fortuite avec un investisseur dans un ascenseur.

Bitcoin c’est beaucoup de choses pour beaucoup de gens. Pour moi, le plus facile c’est de le considérer comme un logiciel : Bitcoin est un logiciel qui permet aux gens de transférer de l’argent en toute sécurité sur Internet sans avoir recours à une banque. Il le fait en remplaçant le travail des banques par un réseau d’ordinateurs exécutant le logiciel qui vérifie et transfère l’argent. Ces ordinateurs, connus sous le nom de mineurs, maintiennent à jour un registre global des transactions qui permet de valider, vérifier et transférer de l’argent.

Avant Bitcoin, la façon de gérer des registres des transactions est demeuré inchangée depuis que les Médicis ont développé la comptabilité en partie double au XIV e siècle. Le processus de comptabilité des Médicis obligeait les banques (dont la famille Médicis était propriétaire) à tenir un registre des débits et des crédits détenus à la banque. Le système financier moderne c’est simplement le réseau de ces registres tenus par les banques. Bitcoin retire le privilège du contrôle des transactions au système bancaire et le distribue sur tous les ordinateurs connectés à son réseau. Les géants financiers ne contrôlent plus le système. Avec Bitcoin, ce sont les utilisateurs du système qui en assurent le contrôle.

Si je vous dis que j’ai développé une application mobile capable de faire évoluer un processus de transfert de valeur vieux de 600 ans, soit vous pensez que je suis fou, soit vous me demandez comment investir. Bitcoin est cette application, et la raison pour laquelle je le considère comme l’une des innovations les plus importantes dans l’histoire de la finance c’est qu’il modernise radicalement ce système de comptabilité en partie double vieux de 600 ans.

Bitcoin accomplit cette révolution non seulement avec sa blockchain mais aussi avec une devise décentralisée et mondiale appelée “bitcoin”. La monnaie “bitcoin” est l’incitation qui pousse tous ceux qui le voudront à exécuter le logiciel qui modifie le fonctionnement du système financier.

Les banques aiment la blockchain sitôt qu’elle leur permet de maintenir leur propre registre des transactions en exécutant leur logiciel sur leurs propres ordinateurs. Bitcoin, en revanche, entre en concurrence avec elles, et cette concurrence est ouverte à tous, il suffit d’avoir un ordinateur et une connexion Internet.

Source : forbes.com 

 


[1] Les actions de sociétés cotées de grande qualité ont longtemps été appelées les blue chips (« jetons bleus »).

[2] Stratégie d’investissement basée sur l’interprétation et la prédiction d’événements de grande envergure liés aux économies nationales.

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