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« N’y touchez pas ! »

« Ce n’est pas une monnaie, ce n’est pas une monnaie, ce n’est pas une une monnaie », on aurait tort de prendre l’éternelle litanie de la Banque de France pour une sentence, il s’agit en réalité d’une incantation, une prière magique prononcée par une institution vieillissante essayant tragiquement de conjurer le sort, de repousser une terrible réalité : aussi rocambolesque et imprévisible que soit l’épopée Bitcoin, les monnaies numériques décentralisées sont une invention irréversible avec laquelle même la BdF devra un jour composer.

Dans une vidéo diffusée jeudi sur la chaine Youtube de l’institution, Emmanuelle Assouan, directrice de la propagande des systèmes de paiement, en remet une couche bien épaisse. Il y aurait pourtant bien des critiques légitimes à formuler contre Bitcoin, des améliorations possibles et sans doute des dispositions réglementaires intelligentes à adopter… mais la Banque de France préfère se fourvoyer dans une diatribe bas de gamme et tellement ridicule que les plus modérés de nos concitoyens sombreront sans doute, en écoutant Mme Assouan, dans le crypto-anarchisme néo-autrichien le plus radical.

 

Les errements de la BdF :

1. « Les cryto-actifs parfois nommés à tort crypto-monnaies ou monnaie virtuelle… »
Il n’est pas dans les missions de la Banque de France de fixer le vocabulaire. Le JORF (journal officiel de la République français) n°0121 du 23 mai 2017 a tranché : « Le bitcoin est l’une des principales cybermonnaies ».

2. « Ces jetons sont créés par des ordinateurs en réseaux effectuant des calculs mathématiques complexes »
Non, les calculs mathématiques effectués par les mineurs ne sont pas complexes, ils sont mêmes très stupides : il s’agit d’essayer des nombres au hasard jusqu’à ce qu’il s’en trouve un qui, associé aux données du bloc, permet de génèrer une empreinte numérique inférieure à une difficulté cible.

3. « L’euro est une unité de compte universelle »
Universelle, sauf en dehors de la Zone Euro bien sûr… drôle de conception de l’universalité.

4. « La valeur de l’euro est garantie »
Ah bon ? La Banque de France garantit que l’euro aura toujours la même valeur dans 10 ans ?

 5. « Personne n’est obligé d’accepter les bitcoins en paiement »
Si on parle de moyen de paiement, personne n’est obligé d’accepter les chèques et les cartes de crédit.

 6. « Les bitcoins » offrent un total anonymat à leurs détenteurs… »
Parce que les billets de Banque émis par la Banque de France n’offrent pas un total anonymat à leurs détenteurs ? Les bitcoins sont pseudo-anonymes et traçables… pas les billets de la BdF.

7. « [Les bitcoins] peuvent être utilisés de façon privilégié pour financer des activités illégales. »
Erreur, les activités illégales sont très massivement et « de façon privilégiée » financées par les billets de banque émis par les banques centrales.

8. A propos des escroqueries (bien réelles) évoquées dans la vidéo : Si la Banque de France veut réellement lutter contre ces dérives, pourquoi laisse-t-elle la communauté faire elle-même le travail ? Ne pourrait-elle pas, plutôt que de perdre son temps en imprécations, contribuer par exemple à la liste noire de CryptoFR ? Pourquoi, en outre, ne rien faire contre Google qui relaie largement ces escroqueries sur son réseau publicitaire ?

9. « Il n’existe aucun recours pour les détenteurs après une attaque informatique »
Aucune différence, sur ce point, entre le cash électronique et la monnaie papier. Si je perds un billet de 50 euros ou si on me vole mon portefeuille aucune banque ne me remboursera.

10. Nos conseils de prudence (qui valent bien ceux de la BdF) :
– N’investissez que dans ce que vous comprenez,
– n’y mettez jamais plus que vous pouvez vous permettre de perdre,
– apprenez à sécuriser vos clés privées,
– diversifiez-vous,
– n’utilisez de préférence que des plateformes ayant une réputation bien assise,
– enfin, si vous éprouvez une certaine apprėhension et que vous n’aimez pas l’aventure, n’y touchez pas.

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