Il y a dix-huit ans, le 31 octobre 2008 (ou le 1er novembre selon les fuseaux horaires), un individu ou un groupe s’abritant derrière le pseudonyme de Satoshi Nakamoto envoyait un e-mail fondateur sur la Cryptography Mailing List. Il y présentait le texte fondateur de Bitcoin.
« J’ai travaillé sur un nouveau système de paiement électronique entièrement peer-to-peer, sans tiers de confiance. Le document est disponible ici : http://www.bitcoin.org/bitcoin.pdf.
Principales caractéristiques :
La double dépense est évitée grâce à un réseau peer-to-peer.
Pas d’autorité centrale ou d’autres tiers de confiance.
Les participants peuvent être anonymes.
La création monétaire nécessite une preuve de travail de style Hashcash.
La preuve de travail générant la nouvelle monnaie permet également au réseau d’éviter la double dépense.
Résumé. Un système de monnaie électronique entièrement en pair-à-pair permettrait d’effectuer des paiements en ligne directement d’un individu à un autre sans passer par une institution financière. Les signatures numériques offrent une telle solution, mais perdent leur intérêt dès lors qu’un tiers de confiance est requis pour empêcher le double paiement. Nous proposons une solution à ce problème en utilisant un réseau pair-à-pair. Le réseau horodate les transactions à l’aide d’une fonction de hachage qui les traduit en une chaîne continue de preuves de travail (des empreintes), formant un enregistrement qui ne peut être modifié sans ré-effectuer la preuve de travail. La plus longue chaîne (d’empreintes) sert non seulement de preuve du déroulement des évènements constatés, mais également de preuve qu’elle provient du plus grand regroupement de puissance de calcul. Aussi longtemps que la majorité de la puissance de calcul (CPU) est contrôlée par des nœuds qui ne coopèrent pas pour attaquer le réseau, ils généreront la plus longue chaîne et surpasseront les attaquants. Le réseau en lui-même ne requiert qu’une structure réduite. Les messages sont diffusés au mieux, et les nœuds peuvent quitter ou rejoindre le réseau à leur gré, en acceptant à leur retour la chaîne de preuve de travail la plus longue comme preuve de ce qui s’est déroulé pendant leur absence.
Le document complet : http://www.bitcoin.org/bitcoin.pdf
Satoshi Nakamoto »
Publié en pleine tempête financière, quelques semaines après la faillite de Lehman Brothers, ce document de neuf pages a posé les bases d’un paradigme radicalement neuf. Ce que proposait Satoshi Nakamoto c’était une réponse à un problème informatique ancien — la double dépense numérique — résolu pour la première fois sans l’aval d’une banque centrale, d’un gouvernement ou d’un intermédiaire de paiement.
À l’origine, l’ambition de Satoshi était de bâtir un système de paiement de pair à pair intégralement affranchi de la censure et de la confiscation. Pour y parvenir, il lui a fallu concevoir une unité native rare et incorruptible : adosser le jeton à une monnaie fiat existante comme le dollar aurait signifié réintroduire un tiers de confiance et un point de défaillance central.
C’est précisément cette seconde fonction — celle d’une réserve de valeur souveraine et absolue — qui a agi comme le véritable moteur de son adoption mondiale.



