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Laure de la Raudière : « Seule l’audace sera payante à terme pour la France et l’Europe »

Extrait de l’intervention de Laure de La Raudière, co-rapporteur de la mission d’information blockchain à l’Assemblée nationale, aux secondes Assises des Technologies Financières qui se sont déroulées le 18 octobre dernier à la Maison de la Chimie :
« J’entends souvent dire “la technologie blockchain c’est une bonne technologie, c’est bien – nous investissons et développons des applications blockchain, nous innovons – mais attention, les cryptomonnaies, c’est mal”.

Selon ma compréhension et ma vision du potentiel de cette technologie, blockchain et cryptomonnaie (ou jeton, appelez ça comme vous voulez) sont indissociables. Soit on reste dans un univers fermé, dans ce cas-là on utilise la “technologie blockchain” et son potentiel dans un univers clos, soit on se dit que le modèle qui va gagner c’est le plus ouvert et dans ce cas-là on va utiliser la technologie, les cryptomonnaies ou les jetons associés.

La “technologie blockchain” seule est une bonne innovation informatique et l’ensemble des acteurs industriels s’empare de ces technologies pour optimiser leurs systèmes d’information et mettre en place quelquefois des échanges au sein d’un groupe fermé de façon pertinente. La “technologie blockchain” et l’ensemble des technologies de registre distribué permettent la certification des échanges indispensable à la transmission de valeur, de titres de propriété ou d’actes authentifiés par exemple. Les transactions sont infalsifiables, sécurisées et les cryptomonnaies ou les jetons sont indissociables de ces échanges. Les potentialités en matière d’usage sont très importantes dans tous les domaines ou une certification des échanges, une traçabilité parfois associée à un paiement est nécessaire et tous les secteurs sont potentiellement concernés […].

Des économistes émérites comme Jean Tirole et Joseph Stiglitz ont fait part de leur scepticisme dans une tribune du Financial Time en novembre 2017 en dénonçant, à propos du bitcoin, un actif sans valeur intrinsèque, sans réalité économique et qu’il faudrait probablement interdire. Et pourtant la construction même du réseau Bitcoin tend à prouver le contraire. Le protocole a démontré une très grande stabilité, l’édifice digital constitué des mineurs, noeuds et utilisateurs permet d’apporter une solidité au modèle, c’est important. La confiance nécessaire à tout échange de monnaie n’est pas assurée ici, comme on a l’habitude, par une banque centrale mais par le protocole lui-même qui trace les échanges de monnaie dans un registre virtuel visible de tous. L’histoire passée nous a montré que notre façon d’établir la confiance a évolué au fil du temps. Pourquoi croire que les acteurs économiques ne remettront pas aussi en cause notre façon traditionnelle d’établir la confiance dans le domaine financier ?

[…] Nous avons trois points à consolider : une réglementation souple sous forme de label […], le droit d’accès au compte bancaire pour les acteurs de cet écosystème […], une fiscalité et une comptabilité attractive, raisonnable mais en tout cas pas désincitative.

Je connais les réticences, je ne les mésestime pas parce qu’il ne faut pas être naïf : les cryptomonnaies permettent, dans certaines configurations de blanchir de l’argent et ce n’est pas acceptable d’un point de vue politique. Il faut certainement bâtir de la régulation. [Mais] je suis de mon côté convaincue, comme un certain nombre de députés qui sont maintenant appelé les crypto-députés, que seule l’audace sera payante à terme pour la France et l’Europe […].

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