La justice norvégienne donne raison à Hodlonaut face à Craig Wright

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Magnus Granath, connu sur Twitter sous le nom de Hodlonaut, a remporté aujourd’hui un procès contre l’entrepreneur australien Craig Wright. Menacé de procès au Royaume-Uni pour une série de tweets publiés en mars 2019, dans lesquels il affirmait notamment que Wright était un « escroc » et une « fraude », Magnus Granath s’était tourné vers la justice norvégienne pour lui demander de statuer sur la légalité de ses affirmations afin de se protéger des attaques de Wright. Le tribunal d’Oslo a statué dans le sens du plaignant et a condamné Craig Wright à payer les frais de justice de Granath s’élevant à montant de 4 053 750 couronnes norvégiennes (environ 390 000 €).

Le magazine Coindesk a publié une traduction anglaise du jugement. En voilà quelques extraits :

« Sous le pseudonyme de Hodlonaut, le plaignant, Magnus Granath, a déclaré plusieurs fois sur Twitter que l’accusé, Craig Wright, n’est pas Satoshi Nakamoto, pseudonyme de la personne (ou des personnes) qui a développé Bitcoin […]. Le tribunal estime que Granath avait des motifs factuels suffisants pour affirmer que Wright avait menti et triché dans sa tentative de prouver qu’il était Satoshi Nakamoto […]

L’opinion dominante dans les médias en 2015/2016 était que Wright n’avait pas fourni suffisamment de preuves qu’il était Satoshi Nakamoto et qu’il était peu probable qu’il le soit. L’opinion des médias n’a pas changé. Bitcoin est basé sur le principe de transparence. La position de la communauté était, et reste, qu’il est en principe possible de vérifier que l’on a accès aux clés cryptographiques et/ou aux premiers blocs ayant appartenu à Satoshi Nakamoto. Il est généralement admis que si l’on peut fournir la preuve que l’on peut déplacer des bitcoins à partir de l’un de ces premiers blocs, ou signer avec des clés associées à ces blocs, alors ce sera une preuve solide que l’on est Satoshi Nakamoto. Ce n’est pas une preuve absolue, car les clés pourraient en théorie avoir été volées, mais il n’existe aucun indice susceptible de prouver qu’un tel vol a eu lieu. Il n’y a eu aucun mouvement ou transaction associé à ces blocs depuis 2009. Suite aux articles de presse de 2016, il a été largement admis que Wright n’avait pas fourni de preuve cryptographique qu’il était Satoshi Nakamoto […].

Le tribunal a conclu que les déclarations de Granath ne sont pas illégales et qu’il n’a pas non plus de responsabilité juridique pour ces déclarations. Cela comprend à la fois les dommages financiers et non financiers, et quel que soit le lieu où les dommages se sont produits. Même si la conclusion s’écarte de la formulation de la demande, le tribunal estime néanmoins que Granath a gagné le procès. Il a donc en principe droit à une indemnisation intégrale de ses frais de justice raisonnables et nécessaires. »

Extrait du jugement (traduit en anglais par Coindesk)

Source : https://www.docdroid.net/no5vRjP/translation-of-ruling-in-granath-v-wright-pdf