La Commission Européenne invite les Etats à mettre en œuvre des mesures pour réduire la consommation d’électricité des mineurs de « crypto-actifs »

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Dans un document adressé aujourd’hui au Conseil, au Parlement Européen, au Comité économique et social européen et au Comité européen des régions, la Commission Européenne invite les Etats à mettre en œuvre des mesures pour réduire la consommation d’électricité des mineurs de « crypto-actifs » pour faire face aux prix élevés de l’énergie, et à mettre fin aux allégements fiscaux bénéficiant aux mineurs dans certains États membres. Elle demande en outre aux Etats de se tenir prêts à arrêter cette activité en cas de besoin de délestage dans les systèmes électriques.

« A mesure que leur utilisation s’est accrue, la consommation énergétique des cryptomonnaies a plus ou moins doublé en deux ans, atteignant environ 0,4 % de la consommation mondiale d’électricité […]. La majeure partie de la consommation d’énergie est liée à un mécanisme de consensus de preuve de travail relativement obsolète, qui est pourtant utilisé par Bitcoin, la cryptomonnaie la plus populaire. Étant donné que l’Europe ne représente actuellement qu’environ 10 % du minage mondial*, une coopération internationale est nécessaire pour résoudre le problème de sa forte consommation d’énergie et de son impact global.

Outre les mesures concernant les centres de données et les services de cloud, la proposition de règlement des marchés de crypto-actifs (MiCA), sur laquelle un accord politique a été trouvé par les colégislateurs le 30 juin 2022, exigera des acteurs de ces marchés de divulguer des informations sur l’empreinte environnementale et climatique des crypto-actifs [qu’ils traitent]. L’Autorité européenne des marchés financiers élaborera des normes techniques de réglementation sur le contenu, les méthodologies et la présentation des informations concernant les principales incidences négatives sur l’environnement et le climat de ces actifs. En outre, la Commission élaborera d’ici 2025 un rapport comprenant une description de l’impact climatique de ces nouvelles technologies. Le rapport comprendra également une évaluation des options politiques pour atténuer leurs impacts négatifs, en particulier en ce qui concerne les mécanismes de consensus.

Dans l’intervalle, compte tenu de la crise énergétique actuelle et des risques accrus pour l’hiver à venir, la Commission invite instamment les États membres I) à mettre en œuvre des mesures ciblées et proportionnées pour réduire la consommation d’électricité des mineurs de crypto-actifs, conformément à la proposition de règlement du Conseil relatif à une intervention d’urgence pour faire face aux prix élevés de l’énergie, et (II), également dans une perspective de long terme, à mettre fin aux allégements fiscaux et autres mesures fiscales bénéficiant aux mineurs actuellement en vigueur dans certains États membres. En cas de besoin de délestage dans les systèmes électriques, les États membres doivent également être prêts à arrêter l’extraction de crypto-actifs.

Le 15 septembre 2022, Ethereum, la deuxième plus grande crypto-monnaie au monde, a terminé son passage tant attendu au mécanisme de consensus de preuve de participation, qui, selon l’entreprise, réduirait la consommation d’énergie d’Ethereum de plus de 99 %. Jusqu’à présent, seules les cryptomonnaies avec une capitalisation plus modeste ont utilisé le mécanisme de consensus mentionné. Ce changement montre que le monde de la crypto peut évoluer vers un système plus efficace. Mais nous devons faire un effort supplémentaire pour que cela se produise. Pour réduire la consommation d’énergie, la Commission promouvra des mécanismes de consensus respectueux de l’environnement par le biais de l’European Blockchain Services Infrastructure.

La Commission coopérera au niveau international avec les organismes de normalisation et s’appuiera sur leur expertise technique pour développer un label d’efficacité énergétique pour les blockchains. »

Source : https://energy.ec.europa.eu/communication-digitalising-energy-system-eu-action-plan-com20225522_en


* On peut légitimement douter des 10% signalés dans ce document. En effet, à l’exception peut-être de la Norvège, le tarif moyen de l’électricité en Europe est bien supérieur à celui habituellement consenti par les mineurs et les sources d’énergie bon marché sont rares dans l’UE, surtout actuellement. L’erreur, si c’en est une, pourrait venir de ce que cette estimation repose sur les données délivrées par certaines pools qui localisent les mineurs en fonction de leurs adresse IP. Or ce n’est pas parce qu’un mineur utilise une IP européenne que ses installations ne se situent pas ailleurs. Il est donc possible que la part de la puissance de calcul des mineurs de l’UE soit bien en dessous des 10% du hashrate global, voire qu’elle soit négligeable.