La Blockchain, une philosophie crypto-anarchiste

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« Loin de n’être qu’une technologie, la blockchain est l’application concrète et efficiente d’un certain rapport politique voire idéologique au monde, rapport parfaitement assumé par ses promoteurs […].
En cherchant un moyen de soustraire des transactions de toute nature au contrôle centralisé, les concepteurs de cette technologie ont agi à partir d’une représentation négative de ces organes, refusant donc la légitimité de l’autorité politique, bancaire, et même législative […].

Classiquement anarchistes par leur refus radical d’une autorité supérieure à celle de l’individu – qu’elle fût politique, religieuse, traditionnelle ou encore sociale –, ces penseurs élaborent une réponse non politique au problème politique de l’hyperpuissance ou, plus exactement, de l’hypercontrôle étatique que rend aujourd’hui possible la technologie informatique […]. Le monde de la technologie blockchain est un monde sans frontières, délivré des différences qualitatives inhérentes au réel, délivré des territoires, des lois positives, du droit, de la surveillance de la puissance publique, autant d’éléments distinguant le crypto-anarchisme de l’anarcho-capitalisme qui nécessite une sorte de législation positive destinée au moins à faire respecter les contrats. »

 

Extrait d’un article de Thibaut Gress [1] à lire sur iphilo.fr 

 


[1] Ancien élève de l’Ecole normale supérieure, agrégé et docteur en Philosophie, Thibaut Gress dirige la revue Actu-Philosophia et enseigne la philosophie au lycée Charles Péguy. Il a notamment participé à la rédaction de Blockchain, vers de nouvelles chaînes de valeur (collectif, éd. Prospectives Accuracy, 2018).