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Entretien avec John Saeyong Ra, fondateur du « Bitcoin Center Korea »

Les innovations des dernières décennies ont ceci de paradoxal qu’elles reviennent un jour ou l’autre au monde physique pour évangéliser les particuliers et étendre leur marché : banques en ligne, entreprises du web (ex. Amazon) et désormais les acteurs du Bitcoin…

En 2015, John Saeyong Ra a ainsi ouvert le « Bitcoin Center Korea », premier espace physique dédié au Bitcoin en Corée du Sud. D’autres endroits de ce genre ont fleuri depuis 2014. Certains sont d’ailleurs couplés à des plateformes d’échange telles La Maison du Bitcoin à Paris mais aussi Bithumb en Corée du Sud avec pas moins de 200 conseillers clientèle qui accueillent les clients comme dans une banque traditionnelle. Encore un paradoxe !

Nous avons interviewé John pour en savoir davantage sur le Bitcoin Center Korea :

Peux-tu nous raconter l’histoire du Bitcoin Center ?

John : Après 8 années dans une entreprise financière de base de données à New York, j’ai démissionné car j’étais fatigué de travailler dans un secteur peu innovant où les modèles étaient (et sont ?) toujours les mêmes. Je suis rentré dans un mon pays d’origine [ndlr : la Corée du Sud], ai commencé à réseauter et me suis tout de suite passionné par la blockchain qui était l’exact contre-exemple de l’entreprise dans laquelle je travaillais. Problème : à l’époque (il y a 4 ans 😊), ces réseaux étaient peu organisés. Nous avons donc fait le pari de lancer un lieu d’échange dédié au Bitcoin dans un premier temps, sorte de mélange entre un incubateur de projets et un lieu de networking.

Qu’est devenu ce lieu aujourd’hui ?

John : Un mélange décentralisé d’espace de networking (4 à 5 « meetups » par semaine), de coworking et un incubateur de projets liés à la blockchain. C’est également un espace où le public peut venir s’informer sur le bitcoin et autres cryptomonnaies.

Peux-tu nous donner un exemple de projet qui est né dans cet espace ?

John : Le plus emblématique est blockchain OS (BOScoin) qui a lancé la première ICO (Initial Coin Offering) en Corée du Sud. L’équipe s’est d’abord réuni au Bitcoin Center avant de s’installer à Gangnam, le poumon des startups à Séoul. Nous nous voyons régulièrement sur différents sujets liés à la blockchain comme aujourd’hui les sujets de contrôle réglementaire des cryptomonnaies. Mais les projets sont très variés : nous accueillons actuellement un scénariste pour un projet de film lié aux cryptomonnaies.

Quel est ton rôle dans cette communauté « blockchain » ?

John : J’ai initialement voulu fluidifier la communauté ici en Corée du Sud et je continue à penser que ma place est ici. Je ne suis pas très intéressé à prendre part plus activement dans des projets ; mon rôle est davantage de réunir les bonnes personnes que ce soit autour d’un projet d’entreprise ou pour des questions de lobbying. Mes conditions sont inchangées : tout d’abord, le projet ou plutôt l’équipe doit apporter une valeur ajoutée en respectant la philosophie de la blockchain. Ensuite, nous n’acceptons ni fonds publics ni financement provenant de grandes sociétés. Le capital est toujours détenu par les premiers membres, des personnes convaincues que la blockchain est la première révolution technologique depuis internet.

La Corée du Sud et le Bitcoin Center Korea sont-ils un passage obligé pour les acteurs de la blockchain dans le monde ?

John : Pour ce qui est de la Corée du Sud je le crois, oui. Le pays est très dynamique dans ce secteur en tout cas au niveau des échanges de cryptomonnaies surtout eu égard à la taille de la population (50 millions). Beaucoup de startups font des « roadshows » en Asie notamment dans le cadre des ICO en cours mais pas seulement. Beaucoup d’acteurs viennent d’Europe mais également des Etats-Unis et bien sûr d’autres pays d’Asie, attirés par un environnement propice. Quant au Bitcoin Center, je peux dire que 2017 a été un tournant puisque je suis contacté chaque jour par des personnes désirant rencontrer la communauté du bitcoin et en recherche de personnes pouvant faire le lien entre eux et les sociétés coréennes difficilement accessibles. Comme je vous le disais, j’étudie toujours le sérieux de la demande avant d’accepter.

Comment vois-tu cet espace évoluer dans les prochaines années ?

John : j’aimerais qu’il soit tel qu’il est aujourd’hui (capacité maximum : 30 personnes) afin de conserver l’état d’esprit du début, fidèle à la philosophie du Bitcoin : décentralisé et open-source. Cependant, nous étudions l’ouverture de centres similaires dans d’autres villes en Corée du Sud ou ailleurs en Asie. Nous partons d’ailleurs la semaine prochaine à Tokyo afin de rencontrer des acteurs tels Quoine, OmiseGo ou encore la Japan Cryptocurrency Business Association. Nous avons également un projet d’implantation là-bas !

A titre personnel, comment vois-tu l’évolution du Bitcoin ?

John : Le Bitcoin par ses limites techniques a plus de chance de conforter sa position en tant que classe d’actifs au même titre que l’or ou l’argent qu’évoluer vers un moyen de paiement ; un « digital gold » en quelque sorte.

 

> En savoir plus sur le Bitcoin Center Korea : bitcoincenterkorea.org 

 


A propos de l’auteur

Francois Galaine vit à Séoul depuis 2015. Il membre du Bitcoin Center Korea et de la Chaintech.

[En savoir plus : linkedin.com/in/francoisgalaine – twitter.com/francoisgalaine]

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