Bitcoin mining : Le bénéfice social souvent oublié

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L’extraction des crypto-monnaies par “preuve de travail” est très souvent critiquée et présentée sous l’angle néfaste. Un long et récent article de Cryptoast détaille plusieurs points sur les bénéfices du mining « preuve de travail », ce qui équilibre la vision que l’on peut avoir sur ce sujet.

L’article détaille ainsi :

  • L’énergie n’est pas gaspillée, elle est utilisée pour sécuriser un nouveau réseau de paiement mondial en pair à pair et non-censurable.
  • La consommation électrique du mining (aujourd’hui environ 60 TWh/an) ne dépend pas du nombre de transactions, le réseau peut évoluer sans consommer plus.
  • Si on compare avec un réseau bancaire de transactions, il faut prendre en compte l’ensemble des dépenses en énergie. Idem pour la production et la logistique des pièces et des billets. Auxquels il faut ajouter l’énergie utilisée pour la lutte contre la fraude, ce qui est inutile avec Bitcoin.
  • L’électricité des mineurs est très largement “verte”, issue de sources naturelles et renouvelables. Et cela participe aussi à la régulation du réseau électrique, tâche complexe car l’électricité ne peut se stocker, il faut en permanence consommation égale à la production.
  • La création monétaire du système Bitcoin est déterminée et décroissante, à l’inverse de nos monnaies régaliennes. Le système monétaire classique entraîne une dévaluation de la valeur unitaire de la monnaie et une course à la croissance sans fin.

C’est une très bonne liste. Il y a un point souvent oublié, un avantage qui profite à tous, au quotidien.

La compétition crée de l’innovation et profite à tout le monde. Pour comprendre ce point je vais vous parler de Formule 1, parce que tout le monde connaît. La F1 c’est une compétition automobile où des voitures de courses tournent autour d’un circuit en boucle, et que le meilleur gagne. On y consomme du pétrole, des pneus, de l’argent, tout ça pour une compétition qui ne concerne que quelques personnes. Ça pollue, c’est inutile disent certains. Ils s’amuseraient avec l’argent des sponsors, en gaspillant des ressources que l’on pourrait utiliser pour autre chose.

C’est une façon de voir. Mais la compétition produit de nombreuses innovations, qui sont par la suite portées sur les voitures de séries. Nos voitures de tous les jours sont donc plus légères, les moteurs plus efficaces, consomment moins d’essence, sont plus stables et sûres en partie grâce à la Formule 1. C’est un laboratoire pour les constructeurs automobiles, la compétition étant un terreau de recherche et de tests très efficace.

D’accord. Mais quel est le lien avec le mining de crypto-monnaies ? Et bien c’est strictement la même chose : le mining est une compétition qui consiste à effectuer un maximum de calcul avec un minimum d’électricité consommée. Le chiffre d’affaire d’un mineur est sa part de marché (sa puissance, relativement au total), sa dépense fixe c’est la consommation d’électricité et son investissement ce sont les puces électroniques.

Très bien, mais alors comment tout le monde profite de cette compétition ? Et bien demain, votre smartphone et votre PC portable et même les serveurs informatiques seront plus puissants, moins chers, en partie grâce aux mineurs de crypto-monnaies.

Ainsi le mining est un laboratoire de recherche et d’essai pour l’efficacité de nos puces numériques. Il permet de réduire leur consommation ce qui augmente l’autonomie pour les nombreux objets sur batterie, augmente leur efficacité, leur vitesse… Et cela permet d’améliorer l’efficacité de tous nos appareils numériques, qu’ils soient plus économes et réduit la consommation globale.

 


A propos de l’auteur

De formation ingénieur en radiocommunications, Antoine Ferron est passionné par la cryptographie et les communications numériques. Il a découvert le Bitcoin en 2011. Antoine a co-développé avec Ledger et Blockstream un porte-monnaie électronique sécurisé pour Bitcoin. Il enseigne Bitcoin à l’ESGI dans la filière ingénieur blockchain, et la programmation à l’ESILV dans la filière finance. En 2017, Antoine a créé la société BitLogiK qui fournit des conseils et des réalisations en sécurité informatique avancée telle que les contrôles d’accès, les paiements, la protections des données sensibles et des clés privées blockchain.