Bitcoin, l’actif suprême ?

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Cet article s’inspire des discours de Michael Saylor comparant Bitcoin aux autres principales classes d’actifs, mais dans un contexte français.

L’immobilier face à Bitcoin

Les désavantages de l’immobilier comparé à Bitcoin sont nombreux :

  • l’immobilier peut être endommagé, voire détruit (notamment en temps de guerre) ;
  • l’immobilier peut nécessiter des travaux (changer la chaudière, repeindre les murs, etc.) ;
  • l’immobilier peut être squatté et, en France, la procédure d’expulsion peut prendre des mois, voire des années ;
  • l’immobilier est soumis à une taxe foncière : vous payez chaque année pour un bien qui vous appartient ;
  • l’immobilier présente une faible liquidité : il faut des semaines, parfois des mois, pour acheter ou vendre un bien ;
  • l’immobilier a une barrière à l’entrée élevée : il n’est pas possible d’investir de très petits montants directement dans la pierre ;
  • la valeur d’un bien immobilier est corrélée à des facteurs locaux (quartier, ville, région), tandis que Bitcoin est un actif global à l’échelle de l’humanité.

Toutes ces préoccupations sont inexistantes avec Bitcoin. Le seul avantage matériel concret de l’immobilier est qu’il permet de se loger. Mais, d’un point de vue financier, Bitcoin est bien plus pratique et sa valorisation historique est bien supérieure.

Les actions face à Bitcoin

Les désavantages des actions comparées à Bitcoin sont nombreux :

  • une entreprise peut faire faillite. Bitcoin, étant un protocole décentralisé, ne peut pas faire faillite. Qui plus est, la gouvernance d’une entreprise est verticale (hiérarchique), tandis que celle de Bitcoin est plus horizontale et repose sur le consensus, les mises à jour du protocole et les forks ;
  • une entreprise est spécialisée dans un domaine qui peut être bouleversé par une innovation technologique (par exemple l’intelligence artificielle). Bitcoin, à l’inverse, peut bénéficier des avancées technologiques ;
  • une entreprise est soumise aux réglementations étatiques. Sur Bitcoin, le respect des réglementations dépend principalement des intermédiaires et des utilisateurs ;
  • les actions ne peuvent généralement pas s’échanger sans le recours à un tiers de confiance (courtier, banque, dépositaire). S’il existait autrefois des actions au porteur sous forme physique, cette modalité a aujourd’hui disparu. À l’inverse, les bitcoins peuvent s’échanger de pair à pair ;
  • la valeur d’une action peut être diluée par de nouvelles émissions de titres, tandis qu’il n’y aura jamais plus de 21 millions de bitcoins ;
  • les marchés actions ferment la nuit et le week-end, tandis que le réseau Bitcoin fonctionne 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Le principal avantage financier des actions par rapport à Bitcoin est qu’elles peuvent offrir des dividendes et représentent une participation dans des entreprises productives.

Les obligations face à Bitcoin

Les désavantages des obligations comparées à Bitcoin sont nombreux :

  • les obligations dépendent d’un émetteur. Dans le cas d’un État, un défaut de paiement peut fortement dégrader leur valeur ;
  • la valeur des obligations dépend de la politique monétaire et budgétaire (taux directeurs, politique d’émission, notation financière, etc.), tandis que Bitcoin possède une offre limitée à 21 millions d’unités ;
  • les obligations perdent du pouvoir d’achat lorsque l’inflation dépasse leur rendement. Les partisans de Bitcoin considèrent que sa rareté programmée lui permet de mieux préserver la valeur à long terme ;
  • les marchés obligataires ferment la nuit et le week-end, tandis que le protocole Bitcoin fonctionne 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Le principal avantage des obligations par rapport à Bitcoin est qu’elles procurent généralement des revenus prévisibles et, dans le cas des obligations souveraines les mieux notées, un risque historiquement plus faible.

L’or face à Bitcoin

Les désavantages de l’or comparé à Bitcoin sont nombreux :

  • l’or n’est pas facilement auditable : il peut être complexe de vérifier la pureté d’un lingot, tandis que la possession de bitcoins peut être vérifiée cryptographiquement sur la blockchain ;
  • l’or est difficilement transportable en grande quantité. Avec Bitcoin, il suffit de conserver l’accès à une clé privée, quelle que soit la valeur détenue ;
  • l’or nécessite des solutions de stockage sécurisées. Bitcoin repose principalement sur la conservation d’informations cryptographiques ;
  • l’or n’est pas facilement divisible pour les transactions courantes, tandis qu’un bitcoin peut être divisé en 100 millions d’unités appelées satoshis ;
  • l’offre future d’or n’est pas parfaitement connue et dépend notamment des découvertes minières, tandis que l’offre maximale de Bitcoin est programmée et limitée à 21 millions d’unités.

Le principal avantage matériel concret de l’or par rapport à Bitcoin est qu’il peut être utilisé et échangé sans infrastructure numérique.

Les points faibles de Bitcoin

Bitcoin demande une certaine rigueur dans la gestion de ses clés privées. En effet, si vous perdez l’accès à vos clés, vous perdez définitivement vos bitcoins.

De plus, Bitcoin exige une certaine hygiène numérique : si des données personnelles telles que votre identité, votre adresse ou le montant de vos avoirs circulent sur Internet, vous pouvez être davantage exposé aux risques d’extorsion ou d’ingénierie sociale.

Bitcoin n’offre pas de rendement intrinsèque. Si votre trésorerie est mal gérée, vous pourriez être contraint de vendre vos bitcoins au pire moment, notamment lors d’un marché baissier.

Ainsi, le principal défaut de Bitcoin est qu’il exige un haut niveau de responsabilité individuelle, ainsi qu’une discipline technique et financière.

Conclusion

Sur de nombreux aspects pratiques, Bitcoin peut apparaître plus simple à gérer que d’autres actifs : absence d’entretien matériel, disponibilité permanente du réseau, règles monétaires transparentes et prévisibles.

Ses caractéristiques fondamentales sont relativement simples à comprendre : une offre plafonnée à 21 millions d’unités et une réduction programmée du rythme d’émission environ tous les quatre ans.

Toutefois, Bitcoin présente une contrepartie importante : il demande à ses détenteurs un niveau élevé de rigueur, ainsi qu’une véritable discipline technique et financière.


A propos de l’auteur

Thomas Mang, ancien doctorant au CEA de Grenoble, est ingénieur en Photonique depuis 2017. Passionné par les technologies du numérique (l’impression 3D, Bitcoin), il s’y intéresse non pas à travers le prisme des « sciences dures » mais par les sciences humaines : l’histoire ou l’anthropologie.

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