Comment, à l’avenir, protéger les bitcoins qui pourraient être vulnérables aux ordinateurs quantiques, notamment ceux dont les propriétaires ont perdu les clés privées ? Sur la liste de diffusion des Bitcoindev, Cory Fields explore des pistes originales : plutôt que de bloquer ces bitcoins ou de les rendre immédiatement inaccessibles, il propose de rendre leur vol économiquement risqué, en piégeant les attaquants ou en organisant des enchères autour des fonds convoités.
Dans un message publié le 4 novembre 2026, intitulé « Quantum Landmines and Vulnerable Coin Auctions », le développeur présente plusieurs mécanismes reposant sur les incitations économiques et la théorie des jeux. Il prend pour hypothèse l’existence future de nouveaux formats de transactions résistants aux ordinateurs quantiques et l’activation, par soft fork, de règles de validation supplémentaires.
Le premier mécanisme, baptisé « Quantum Landmines » (mines quantiques), consiste à piéger les éventuels voleurs. Un détenteur de bitcoins vulnérables pourrait préparer à l’avance une preuve cryptographique, dissimulée dans une sortie protégée contre les attaques quantiques. Si un attaquant parvient ultérieurement à retrouver la clé privée du propriétaire et tente de dépenser ses bitcoins, il devrait immobiliser une somme équivalente en garantie. Le propriétaire légitime pourrait alors intervenir en révélant sa preuve pour récupérer ses fonds et s’emparer de la garantie de l’attaquant. Ce dernier risquerait donc de perdre autant de bitcoins qu’il espérait en voler. L’existence de ces pièges, invisibles avant leur activation, pourrait également dissuader les attaques, puisqu’il serait difficile d’identifier les portefeuilles effectivement protégés.
Deux variantes, fondées sur des enchères, visent les bitcoins dont les clés sont probablement perdues, et donc dépourvus de mine. Dans l’une, des tiers immobiliseraient à l’avance des fonds pour défendre ces portefeuilles, avec l’espoir de s’emparer d’une partie de la garantie de l’attaquant. Dans l’autre, inspirée de l’enchère du dollar, chaque tentative de dépense déclencherait une enchère dont la dynamique pourrait dissuader le voleur. Dans les deux cas, l’idée est de rendre le vol plus coûteux que profitable, sans qu’un propriétaire légitime puisse pour autant compter sur la récupération de ses fonds.
Cory Fields insiste cependant sur le caractère exploratoire de son message : il s’agit de réflexions et d’expériences de pensée, et non d’un protocole prêt à être implémenté. Il reconnaît également que l’objectif de défendre les portefeuilles vulnérables ne fait pas consensus.



