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Par-delà le bien et le mal

A l’instar d’Internet, l’existence et le fonctionnement de Bitcoin ne dépend pas de la décision d’une quelconque organisation centralisée mais du consensus de tous ceux qui contribuent à faire fonctionner le réseau. L’essor des monnaies électroniques décentralisées est un phénomène avec lequel il faut composer et se prononcer pour ou contre Bitcoin n’a pas beaucoup de sens. En revanche, il faut avoir conscience des qualités et des limites de ces systèmes d’un nouveau genre.


Les qualités

Bitcoin est démocratique et participatif
De par sa nature libre et décentralisée, Bitcoin est le premier réseau de paiement qui fonctionne uniquement grâce à ses utilisateurs et sans autorité centrale. Les développeurs du projet eux-mêmes ne peuvent modifier le protocole si leur proposition n’est pas adoptée par la majorité des utilisateurs. Les utilisateurs ont le contrôle exclusif de leur porte-monnaie.

Bitcoin est conçu par et pour Internet
Bitcoin est fait pour Internet et peut offrir des alternatives concrètes à plusieurs systèmes anciens, lourds et coûteux. Vous n’êtes plus obligés de passer par toutes les longues étapes d’un paiement classique, communément appelées « tunnel d’achat« , qui fait renoncer près de 60% des clients sur Internet. Bitcoin favorise en outre les micro-paiements et ouvre le paiement électronique à des marchés jusqu’à présent non éligibles en raison de la structure des coûts. Mais s’il peut augmenter l’accessibilité du commerce en ligne, Bitcoin peut également s’adapter à la vie réelle (paiement par QR code avec un téléphone portable par exemple).

Bitcoin  protège les droits et les libertés individuelles
Bitcoin permet à chaque personne de stocker et échanger de la valeur de façon sécurisée sur un réseau qui ne peut être saisi, manipulé ou stoppé par aucune organisation ou individu. Donnant ainsi un libre accès à des outils puissants qui peuvent jouer un rôle dans la protection des droits et libertés individuelles dans les dictatures notamment.

Bitcoin est une devise globale et neutre
On ne peut que difficilement trouver une monnaie dans notre histoire qui ait déjà été libre de toute influence politique ou de toute économie nationale. Le Bitcoin est une devise universelle qui est même accessible aux populations non bancarisées. Elle traverse toutes les barrières entre les nations, les politiques et les cultures.

Bitcoin c’est la transparence
Si les propriétaires et les destinataires des transactions en bitcoins restent inconnus, toutes les transactions sont cependant publiques. Les utilisateurs peuvent donc choisir de révéler leur propriété sur certaines adresses Bitcoins envers des personnes définies. Ce qui permet à toute organisation de mettre en oeuvre d’excellentes pratiques de transparence adaptées à chaque besoin.

Bitcoin sécurise les avoirs
Grâce à un usage ingénieux de règles cryptographiques, le Bitcoin offre une liste étonnante de fonctionnalités reliées à la sécurité. Non seulement les Bitcoins sont impossibles à contrefaire ou à usurper mais le protocole est aussi conçu pour être très résistant contre une liste impressionnante d’attaques informatiques, incluant les attaques par déni de service distribué. En outre avec Bitcoin vous vous affranchissez de diffuser votre numéro de carte bancaire sur Internet.

Bitcoin permet de faire des économies
Les transactions sont directes, pas de frais bancaires. C’est particulièrement avantageux pour les paiements internationaux.

Bitcoin protège de l’inflation
La quantité de bitcoins générée est prévue à l’avance dans le logiciel et le nombre maximum ne dépassera pas 21 millions d’unités. De plus les bitcoins perdus par les utilisateurs ne seront jamais remplacés.


Les limites

La méthode de mise sur le marché est discutable 
Les premiers utilisateurs ont été bien servis mais actuellement il est presque impossible de générer (miner) des bitcoins individuellement. La seule solution c’est de rejoindre une coopérative (pool) de mineurs et là – à moins d’avoir une installation coûteuse dédiée à cet usage et si possible de travailler chez EDF – les revenus sont absolument dérisoires.

> Oui, les premiers qui ont miné des bitcoins ont été bien récompensés, mais ce n’est que justice. Ils y ont cru avant les autres, quand un bitcoin ne valait presque rien, et ont contribué à installer puis à renforcer le réseau au moment où il était encore fragile. La nature déflationniste et décentralisée du système Bitcoin le rend cependant complètement étranger aux mécanismes d’une pyramide de Ponzi.

Acheter en bitcoins, c’est absurde

Pour avoir des bitcoins, le meilleur moyen le plus rapide c’est d’en acheter. Or acheter en euros une monnaie dans le but de la dépenser sur internet alors qu’on peut payer directement en euros la plupart des biens et des services, c’est une démarche assez incongrue.

> Sauf que les coûts sont moindres, sur internet les frais liés au mode de paiement sont inférieurs à 1% pour Bitcoin contre environ 3% pour les cartes bancaires ou Paypal. En outre il n’y a aucun frais supplémentaire pour un achat à l’étranger.

Bitcoin est volatil
Les heureux détenteurs de bitcoins ne les utilisent pas (ou rarement) pour acheter des biens et des services, mais pour les échanger contre des euros ou des dollars. N’essayez pas de vendre votre bicyclette en bitcoins sur leboncoin, vous ne trouverez pas d’acheteurs. Le bitcoin est encore trop volatil pour faire du commerce, ce n’est pour l’instant qu’une monnaie de spéculateurs.

> C’était vrai au début mais ça l’est de moins en moins. De nombreux commerces ont vu leur chiffre d’affaire progresser grâce à Bitcoin.

Bitcoin est une aubaine pour les mafias
Anonymat des transactions, absence de contrôles et de frontières… pour les trafiquants, Bitcoin allie les avantages de l’argent liquide et ceux du paiement en ligne. En outre, pour les mêmes raisons, il favorise le blanchiment et l’évasion fiscale.

> Un couteau de cuisine peut servir à tuer… doit-on interdire les couteaux de cuisine ? La Poste est le principal réseau de distribution des produits illicites vendus dans le « dark web », pourtant on ne lui reproche rien, pourquoi s’en prend-on au moyen de paiement ? Par ailleurs les billets de banques, totalement anonymes, émis par les banques centrales restent de loin le premier moyen de paiement des criminels du monde entier et pourtant la monnaie papier reste légale. Ajoutons que l’anonymat de Bitcoin est très relatif : les transactions sont publiques et il n’y a peu d’anonymat quand il s’agit de vendre ou d’acheter des bitcoins sur internet. C’est ainsi que la police a pu, après la chute d’un réseau, tracer et saisir les fonds de nombreux trafiquants, ce qui est impossible avec la monnaie papier. La confidentialité et l’anonymat ne sont sont réellement garantis que par les crypto-monnaies conçues à cet effet. Enfin, si Bitcoin tenait sa valeur du marché noir, le cours aurait dû s’effondrer lors de la fermeture de Silk Road… c’est exactement le contraire qui s’est produit. 

Bitcoin n’est pas une monnaie de commerce
Avec un plafond à 21 millions, le bitcoin aura toujours de la valeur mais sera une monnaie en déflation constante. C’est l’inverse d’une logique keynésienne qui préfère que l’argent soit dépensé au plus vite, quitte à s’endetter pour consommer, plutôt que d’épargner en permanence. Dans ces conditions Bitcoin a peu de chance de devenir une monnaie dynamique comme le sont les monnaies fondantes et pourrait rester à jamais une valeur inerte, un vulgaire placement.

> Bitcoin peut aussi être une monnaie à dépenser : le cours fluctue beaucoup, acheter des bitcoins quand ils sont moins chers et les dépenser quand ils valent davantage et aussi une excellente stratégie pour retrouver du pouvoir d’achat. En outre, utilisée comme intermédiaire de paiement, la valeur de cette monnaie n’a aucune importance. Dans cette utilisation, on ne paie pas en bitcoins directement : le compte de l’acheteur est débité en euros qui sont transformés en bitcoins. Ces bitcoins sont alors envoyés au destinataire puis transformés en euros. C’est particulièrement intéressant pour un achat à l’étranger.

Une monnaie insaisissable
La plupart des gens ne sont pas prêts et pas suffisamment formés pour mettre leurs économies dans un porte monnaie virtuel qui, si on ne sait pas le sécuriser, peut disparaître du jour au lendemain (mort du support, perte de données, piratage…). En outre les transactions sont irréversibles et il n’y a pas de recours possible.

> Bitcoin ne ressemble à rien qui n’existait avant lui, il y a donc une culture à acquérir. Mais quand on en a compris le principe, c’est un moyen de paiement extrêmement pratique et très sécurisé. A chacun de trouver le portefeuille qui lui correspond le mieux. Quant à l’irréversibilité des transactions, si on prend le problème à l’envers, on peut également considérer que c’est un aspect particulièrement intéressant pour les commerces en ligne. 

Un système duplicable à l’infini
Bitcoin est un logiciel libre, le système peut être dupliqué à l’infini pour fabriquer d’autres monnaies numériques au risque de perdre totalement les utilisateurs et de diminuer l’intérêt du concept.

> Il y a tellement de clones de Bitcoin, qu’aucun ne parvient vraiment à sortir du lot. De par sa valeur, la quantité d’utilisateurs et de commerces qui l’acceptent, la capacité de calcul de son réseau de mineurs, Bitcoin s’est imposé comme leader absolu des monnaies décentralisées.

Bitcoin ne permet qu’un flux très réduit de transactions
Le réseau Bitcoin est incapable de traiter plus de sept transactions à la seconde, un volume ridicule pour une technologie qui des ambitions mondiales. A titre de comparaison Visa gère jusqu’à 47 000 transactions par seconde aux heures de pointe.

> Le volume actuel sur le réseau Bitcoin est d’une transaction par seconde, il y a donc encore de la marge pour arriver à sept. En outre des solutions sont envisagées pour prévenir ce problème, comme par exemple d’augmenter la taille des blocs.