Séminaire de cryptofinance : Preuve de Solvabilité

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Le prochain séminaire de cryptofinance organisé par Martino Grasselli, Ricardo Pérez-Marco et Cyril Grunspan aura lieu jeudi 19 février 2026 à 17H30 à l’Institut Henri Poincaré (Salle Pierre Grisvard, anciennement salle 314) à Paris.

Titre : Proof of Solvency: how this works

Orateur : Julien Riposo, CEO & Fondateur de J.R. Enterprise

Programme : Julien Riposo présentera plusieurs variantes de la Proof of Solvency basées sur une chaine de blocs et montrera comment les primitives cryptographiques (fonctions de hachage, structure des transactions, signatures sur courbes elliptiques et UTXO) donnent naturellement lieu à des preuves de propriété vérifiables (Proof of Assets). Il introduira ensuite la notion de Proof of Liabilities, qui permet d’agréger et de vérifier les passifs mondiaux avec une complexité logarithmique.


Résumé en français : Les institutions financières modernes s’appuient encore sur des audits périodiques pour évaluer leur solvabilité, alors que les crises, elles, se déploient en continu. Cet écart entre une vérification statique et la réalité dynamique a été mis en lumière à plusieurs reprises par des défaillances récentes, telles que celles de FTX, 3AC ou les chocs de liquidité bancaire.

Dans cette présentation, nous proposons une approche mathématiquement fondée de la Preuve de Solvabilité (Proof of Solvency) basée sur la technologie blockchain. En partant des composants élémentaires d’une blockchain — fonctions de hachage, structure des transactions, signatures sur courbes elliptiques et sorties de transactions non dépensées (UTXO) — nous montrons comment les primitives cryptographiques donnent naturellement naissance à des preuves de propriété vérifiables (Proof of Assets).

Nous introduisons ensuite la notion de Proof of Liabilities via des liability trees. Structurellement analogues aux arbres de Merkle, ils permettent d’agréger et de vérifier l’ensemble des engagements avec une complexité logarithmique. L’utilisation de preuves à divulgation nulle de connaissance (Zero-Knowledge Proofs) garantit que la solvabilité peut être démontrée sans révéler de données clients sensibles.

Le cadre qui en résulte remplace les déclarations basées sur la confiance par des preuves structurelles : la solvabilité devient une propriété vérifiable à tout moment, plutôt qu’une simple hypothèse formulée entre deux audits. Nous aborderons les implémentations aussi bien « crypto-natives » que compatibles avec les monnaies fiduciaires via la tokenisation et les ponts protocolaires standards.

Note sur la complexité : Aucun calcul stochastique n’est requis, aucune équation aux dérivées partielles n’apparaîtra, et l’artillerie mathématique la plus lourde est délibérément dissimulée en amont. L’accent est mis sur les garanties structurelles, les invariants et la vérifiabilité.

En résumé, la blockchain ne rend pas les institutions honnêtes, mais elle rend la malhonnêteté prouvable. Certes, l’informatique quantique nous observe déjà depuis le couloir… mais pour l’instant, L’édifice mathématique tient toujours.


Résumé en anglais : Modern financial institutions still rely on periodic audits to assess solvency, while crises unfold continuously. This gap between static verification and dynamic reality has been repeatedly exposed by recent failures such as FTX, 3AC, or banking liquidity shocks.

In this talk, we present a mathematically grounded approach to Proof of Solvency based on blockchain technology. Starting from the elementary constituents of a blockchain: hash functions, transaction structure, elliptic-curve signatures, and unspent transaction outputs. We show how cryptographic primitives naturally give rise to verifiable ownership proofs (Proof of Assets).

We then introduce the notion of Proof of Liabilities via liability trees, structurally analogous to Merkle trees, allowing global liabilities to be aggregated and verified with logarithmic complexity. Zero-knowledge proof-of-knowledge techniques ensure that solvency can be demonstrated without revealing sensitive client data.

The resulting framework replaces trust-based declarations by structural proofs: solvency becomes a property that can be verified at any time, rather than assumed between audits. We discuss both crypto-native and fiat-compatible implementations through tokenization and standard protocol bridges.

No stochastic calculus is required, no PDEs will appear, and the heaviest machinery is deliberately hidden upstream: the emphasis is on structural guarantees, invariants, and verifiability.

In short, blockchain does not make institutions honest, but it makes dishonesty provable. And yes, quantum computing is watching us from the corridor… but for now, the blackboard is still safe.