Engie au Brésil : Bitcoin au service de la production solaire

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Alors que la presse grand public s’émerveille de « l’audace » d’Engie, la communauté Bitcoin, elle, esquisse un sourire entendu. Le géant français de l’énergie vient d’annoncer qu’il envisageait d’installer des mineurs de Bitcoin sur son nouveau complexe solaire Assú Sol au Brésil (753 MW). Pour les observateurs avertis, ce n’est pas une innovation : c’est une réponse rationnelle au problème du gaspillage énergétique.

Le « Curtailment » : La contrainte des renouvelables

Le complexe Assú Sol est massif, mais il souffre du mal endémique des infrastructures solaires brésiliennes : l’écrêtement (curtailment). En clair, l’opérateur national (ONS) force Engie à déconnecter ses panneaux lorsque le réseau est saturé ou que la demande chute. Résultat ? Des électrons produits mais perdus, et un retour sur investissement qui s’étire inutilement.

Bitcoin vs Batteries

Engie hésite encore entre le stockage par batteries (BESS) et le minage. Pourtant, pour un producteur d’énergie, l’avantage de l’ASIC est flagrant. Contrairement aux batteries qui coûtent cher, s’usent et finissent par être pleines et n’absorbent que petite quantité de l’énergie excédentaire, le réseau Bitcoin est un acheteur de dernier ressort illimité avec la flexibilité totale. Au lieu de stocker de l’énergie pour la revendre plus tard (avec des pertes de conversion), Engie transforme ses surplus en un actif liquide et global.

L’inévitable convergence

Eduardo Sattamini, patron d’Engie Brésil, admet que le projet pourrait prendre du temps. Mais la réalité économique est là : produire de l’énergie renouvelable à grande échelle sans consommateurs électro intensifs flexibles devient une hérésie financière. Le minage est un outil de rentabilité qui permet de financer les infrastructures de demain sans dépendre uniquement des subventions ou de la flexibilité (limitée) du réseau électrique traditionnel.

Sources