
Cet article a pour but de parler des rapports entre Bitcoin et l’IA sous différents angles : pratique, idéologique et économique.
L’IA à l’attaque et à la défense
Fin juillet 2026, un hacker utilise une IA pour automatiser le pillage de bitcoins de plusieurs utilisateurs de Coldcard [1]. Une semaine plus tard, une « red team » de hackers utilise l’IA pour détecter et corriger des vulnérabilités dans plusieurs projets open-source liés à Bitcoin [2].
D’un point de vue pratique, la relation entre Bitcoin et l’IA est ambivalente, d’un côté l’IA permet d’exploiter des failles de sécurité liées à l’écosystème de Bitcoin, de l’autre l’IA permet de corriger, voire d’anticiper des failles liées à l’écosystème Bitcoin. L’IA vis-à-vis de Bitcoin est une arme à double tranchant, elle peut aider tout comme elle peut mettre en difficulté.
Une économie et une idéologie aux antipodes
D’après Peter Thiel, l’IA est communiste tandis que Bitcoin est libertarien [3,4]. Il est vrai que le développement de l’IA sur bien des aspects est aux antipodes de Bitcoin. La consommation énergétique de l’IA alimente son efficacité tandis que celle de Bitcoin alimente sa robustesse. L’IA est censée s’améliorer (et même s’auto-améliorer) constamment tandis que Bitcoin ne fait que peu de mises à jour. L’IA c’est le contrôle et la surveillance tandis que Bitcoin c’est l’émancipation financière. Pour utiliser une IA, passer par l’intermédiaire d’une « grande pyramide hiérarchique » (multinationale proche d’un Etat) est presque incontournable (même si les IA locales auto-hébergées se développent), tandis que pour l’utilisation de Bitcoin le pair à pair dans un réseau distribué est la base (même si beaucoup passent par des plateformes d’échanges centralisées).
Bref, d’un point de vue technique et philosophique on sent bien que Bitcoin et l’IA sont radicalement opposés…
IA et hyperbitcoinisation : une coexistence possible ?
En théorie l’IA devrait permettre des gains de productivité lesquels augmenteraient la quantité de biens et de services pour un même coût énergétique, cela devrait se traduire macroéconomiquement par une déflation des prix des biens et des services [5]. Ainsi, Bitcoin devrait prendre encore plus de valeur. Néanmoins, il y a fort à parier que cette déflation ne s’applique que dans les services numériques.
Elon Musk en 2026 dans un entretien pour The Economist [6] a même évoqué la possibilité d’une société d’abondance sans argent dans un avenir proche grâce à l’IA, mais franchement qui y croit ? Il y aura toujours des biens ou des services rares dont l’allocation se fera par l’argent ! Comparés à l’antiquité ou au Moyen Âge nos sociétés modernes sont déjà des sociétés d’abondance permises par la technologie, et pourtant l’argent (ou le travail) n’a pas disparu. Le rôle de l’argent s’est peut-être même au contraire renforcé.
Bref, d’un point de vue économique il est possible que l’IA ne change absolument rien pour Bitcoin.
Conclusion
Ainsi, d’un point de vue pratique l’IA vis-à-vis de Bitcoin est un peu une arme à double tranchant, elle peut aider tout comme elle peut mettre en difficulté. D’un point de vue « philosophico-technique », Bitcoin et l’IA sont radicalement opposés… Enfin, concernant l’économie, il est possible que l’IA ne change absolument rien pour Bitcoin.
Références
[1] https://bitcoin.fr/alerte-de-securite-sur-coldcard/
[2] https://bitcoin.fr/bitcoin-red-team-un-bilan-apres-deux-semaines-dinvestigation/
[3] Peter Thiel, « Preface », in James Dale Davidson et William Rees-Mogg, The Sovereign Individual (Touchstone, 2020), p. 6.
[4] https://preuvesdetravail.substack.com/p/individu-souverain-technique-nouveau-moyen-age
[5] https://youtu.be/KZ1X7Rl0kzE
[6] https://www.economist.com/business/2026/07/23/elon-musks-vision-of-the-future


