Le gouvernement russe a décidé de renforcer les restrictions encadrant le minage de Bitcoin en étendant l’interdiction de cette activité à la ville de Moscou, à l’ensemble de son oblast, ainsi qu’à huit districts de l’oblast de Koursk et à la ville de Lgov. Prévue par le décret gouvernemental n° 936, signé par le Premier ministre Mikhaïl Michoustine le 25 juillet 2026 et publié le 31 juillet, cette mesure s’appliquera du 15 août 2026 au 31 décembre 2032. Elle concerne aussi bien les fermes de minage industrielles que les mineurs individuels, y compris leur participation à des pools de minage, et vise officiellement à préserver l’équilibre du réseau électrique.
Selon le ministère de l’Énergie de l’oblast de Moscou, le minage consommerait désormais plus d’un gigawatt (GW) dans la région. Les autorités indiquent également que les 65 data centers raccordés au réseau de Moscou et de son oblast totalisent une capacité de 734 mégawatts (MW), un chiffre qui englobe toutefois l’ensemble des centres de données et non les seules installations de minage. Dans une région où les pics de consommation hivernaux sont importants, cette demande supplémentaire est perçue comme un facteur de tension pour le réseau.
Au-delà de cette justification officielle, la mesure intervient dans un contexte énergétique plus tendu. L’effort de guerre, les difficultés de maintenance liées aux sanctions occidentales et la situation particulière de l’oblast frontalier de Koursk contribuent à accroître les contraintes pesant sur les infrastructures électriques de l’ouest de la Russie.
Cette décision met également en lumière les déséquilibres géographiques du système électrique russe. Alors que la Sibérie orientale et certaines régions de l’Extrême-Orient disposent d’importants excédents de production, principalement d’origine hydraulique, les limites du réseau de transport rendent difficile leur acheminement vers la Russie européenne.
L’approche russe de la gestion des contraintes énergétiques est essentiellement administrative : plutôt que d’utiliser les caractéristiques propres du minage de Bitcoin, les autorités russes ont choisi d’en interdire l’activité dans les régions sous tension. Or, contrairement à la plupart des usages industriels, les fermes de minage constituent une charge hautement flexible, capable de réduire ou d’interrompre leur consommation rapidement, puis de redémarrer sans impact sur les équipements. Intégrées à des mécanismes d’effacement rémunérés et implantées au plus près des zones disposant d’électricité excédentaire, elles peuvent absorber les surplus de production lorsque le réseau est peu sollicité et s’effacer immédiatement lors des pics de demande. Plutôt qu’une interdiction uniforme, une régulation fondée sur des incitations économiques et sur la flexibilité de la demande aurait ainsi pu répondre au même objectif de sécurité d’approvisionnement, tout en constituant une source directe de revenus payés dans une monnaie qui échappe aux sanctions internationales.
Sources :
– Cointelegraph, « Russia expands crypto mining ban to Moscow through 2032 »
– The Block, « Russian decree bans crypto mining across Moscow region through 2032 »
– Anadolu Ajansı (AA), « Russia bans cryptocurrency mining in Moscow, Kursk »



