Un article publiée hier par l’Institut National de Bitcoin (INBi) met en lumière les coulisses de la prise de contrôle d’Exaion, filiale d’EDF, par le géant américain du minage de Bitcoin MARA Holdings. Déposée le 22 juillet 2026 devant le tribunal fédéral du Southern District de New York par le consultant François Garcin, une plainte pour des honoraires non versés documente l’intense campagne de lobbying déployée pour rassurer le gouvernement français. L’objectif principal de cette stratégie d’influence était de capter la légitimité d’Exaion et l’accès privilégié à l’électricité nucléaire d’EDF pour la valoriser au profit exclusif des États-Unis, tout en verrouillant le marché français via une clause de non-concurrence interdisant à l’électricien national de miner du Bitcoin pendant deux ans. La plainte révèle qu’une fois l’accord obtenu, la stratégie réelle de MARA consistait à geler les projets de coentreprises locales et à « plier la tente », confirmant ainsi le piège d’une captation d’actifs stratégiques dissimulée sous de fausses promesses d’investissements.
Au-delà des litiges financiers, cette affaire touche directement aux enjeux de la transition énergétique et de la souveraineté numérique. Exaion est au cœur de la valorisation des surplus d’électricité décarbonée. Si cette activité est souvent présentée sous le terme générique de « calcul haute performance », toutes les charges de calcul n’offrent pas la même valeur pour le réseau électrique : les centres de calcul dédiés à l’intelligence artificielle ne peuvent généralement fournir qu’une flexibilité limitée, les GPU, dont le coût d’acquisition est très élevé, devant être exploités avec un taux d’utilisation maximal pour être rentabilisés. Les interrompre fréquemment à la demande du réseau dégrade donc fortement leur modèle économique. À l’inverse, le minage de Bitcoin constitue une charge presque parfaitement interruptible, capable d’être arrêtée ou relancée très rapidement sans dommages, ce qui en fait un outil particulièrement adapté à la valorisation des excédents de production électrique. Face au risque de céder cette capacité de flexibilité énergétique à un acteur étranger, une contre-offre alternative 100 % française de 30 millions d’euros avait été soumise en novembre 2025 par le consortium FlexGrid France. Ce projet visait à garantir des investissements massifs dans les infrastructures locales tout en préservant la totale liberté d’action d’EDF.
Bien que cette proposition française n’ait pas bloqué la transaction avec MARA, la vive pression politique transpartisane avait contraint le ministère de l’Économie à durcir ses exigences en février 2026 en annulant la clause de non-concurrence imposée à EDF et en imposant l’entrée au capital de NJJ, la holding d’investissement de Xavier Niel, à hauteur de 10%. Les révélations actuelles soulignent cependant la situation financière précaire du géant américain, qui a déclaré un mode « temps de guerre » début 2026 et vendu plus de 15 000 bitcoins en mars pour restructurer sa dette. Le véritable test pour Exaion résidera dans la capacité de MARA à honorer le versement de la troisième tranche d’investissement de 110 millions d’euros prévue d’ici 2027.
Source : inbi.fr



