Quatre chercheurs de l’Université de Cardiff au Pays de Galles viennent de publier un article de recherche approfondi sur l’adoption marchande de Bitcoin, avec pour objectif de comprendre où et pourquoi Bitcoin est réellement utilisé pour des paiements physiques.
Pour réaliser ce travail, les chercheurs se sont appuyés sur les données de btcmap.org, avec un focus particulier sur les zones « à haute qualité de données », c’est-à-dire dont les informations ont été récemment vérifiées sur le terrain.
Les principales conclusions de l’étude peuvent être résumées ainsi :
L’adoption du Bitcoin comme moyen d’échange réel (paiements chez les commerçants physiques) reste très localisée et fortement clustérisée. Elle ne suit pas de logiques macro-économiques nationales (inflation, politique monétaire ou règlementation), mais dépend presque exclusivement d’initiatives communautaires locales et de réseaux sociaux de passionnés.
Dans les zones où les données de BTC Map sont de « haute qualité », on observe systématiquement une domination écrasante du secteur de la restauration (restaurants, cafés, bars), souvent suivi par le paramédical et les services informatiques. Le cas le plus spectaculaire est celui de Berlín (une petite ville côtière du Salvador, à ne pas confondre avec la capitale allemande), où une proportion exceptionnellement élevée de commerçants accepte le Bitcoin, bien supérieure à la moyenne nationale salvadorienne, grâce à l’action coordonnée d’une communauté locale très active.
À l’inverse, dans la grande majorité des territoires, y compris dans des pays où le Bitcoin est légal ou très populaire en ligne, le nombre de commerçants physiques l’acceptant reste proche de zéro. L’étude ne trouve aucune corrélation significative, par exemple aux États-Unis, entre les propositions législatives favorables au Bitcoin au niveau des États et la densité réelle de commerçants l’acceptant.
En résumé, selon les chercheurs de l’Université de Cardiff, Bitcoin fonctionne aujourd’hui comme moyen d’échange essentiellement dans des petites sphères géographiques portées par des communautés, plutôt que comme une monnaie d’usage généralisé, même dans les contextes politiques ou économiques favorables à son adoption.
Source : https://link.springer.com/article/10.1186/s40854-025-00871-z



